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Lyndaëlle
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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 15:16 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

T'es trop mignon stromy chou <3 Merci d'etre la : D
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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 15:16 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Elstrom
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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 18:08 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Mais non merci a toi d'être*-* ‹3 je ne jouerai plus a wow si tu n'etais pas la
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Lyndaëlle
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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 18:10 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

On flood le Post a Lalou >< euuuuuh... Lalou tes écrits me donne des frissons ! Tu es exceptionnel !
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Eindel
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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 18:17 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Pour nous donner une contenance toute littéraire, disons que ce sont mes textes qui ont fait naître en vous toutes ces émotions. Je trouve cette solution raisonnable et parfaitement appropriée <3 *meurt dans d'atroces souffrances*

Bon, je publierai certainement bientôt un nouvel écrit histoire de faire bonne figure. =)


PS: Zelda, c'est le bien absolu! Sans Zelda, je me serais déjà donné la mort depuis longtemps. Non, ce n'est pas assez fort pour une merveille pareille: Il n'y a que Zelda qui vaille la peine dans ce monde misérable qui nous afflige. Voilà, c'est dit.
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"Vous ne savez, les Déesses pleurent, En la haute tour leur espoir se brise.
Leur joue de nâcre luit encore, chère soeur, Du sillon se figeant dans la bise..."

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Lyndaëlle
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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 19:15 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Mh... et les cocottes tu en fait quoi ? Pour moi, ya que toi cocotte qui vaille la peine dans ce monde misérable qui nous afflige. Mais bon. Tant pis pour moi... Je ne lirais plus les textes de ma cocotte préférée dans ce cas !
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Eindel
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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 19:29 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Eh bien, c'est tellement évident qu'il n'y avait nul besoin de l'écrire! *-*
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Leur joue de nâcre luit encore, chère soeur, Du sillon se figeant dans la bise..."

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Lyndaëlle
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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 19:30 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Réponse trop facile ! Tu crois que je suis une elfe naïve ? Beuh... au fait viens sur le tchat 2 minutes
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Elstrom
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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 22:12 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

zelda est moins bien que lynou même si j'avoue quelle roxx du poney ^_^
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Eindel
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MessagePosté le: Jeu 11 Fév - 19:19 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Yop! J'ai une excellente nouvelle à vous annoncer!

J'ai gagné mon concours d'écriture!!! Eh oui, vous ne rêvez pas, c'est pour de vrai!! Youhou! =D *danse*

Je l'ai emporté face à ma concurrente finaliste avec 17,5/20 contre 15,5/20. Je tenais donc à vous faire partager le texte qui m'a permis d'atteindre la victoire, comme je l'ai fait pour ceux des autres tours. Le thème était "l'amour des livres" et il n'y avait pas de limite de pages, vous pensez donc bien que je me suis déchaîné! Pour tout vous dire, mon texte, intitulé Madame von Friedingen, est un délire personnel qui, pensais-je, n'intéresserait ni les jurés ni les autres lecteurs à part moi. La note m'a prouvé le contraire, aussi ai-je cru bon de vous transmettre ce petit bout d'écrit (oh, 13 pages Word à peine, une bagatelle!) produit par un romantique décati aux envies frivoles. Bonne lecture!

___________________________



Madame von Friedingen 
 
 
 
 
 
 
 
      « Chère Cousine, 

      C’est avec une joie non feinte que je prends acte de votre réponse. Anatole a plié bagage dès qu’il a pris connaissance de votre lettre, ou peu s’en faut, tant elle a satisfait son éternelle impatience. Je vous ai déjà mentionné son intarissable soif de savoir, n’est-il pas vrai ? Heidelberg a pour lui tous les attraits dont il rêvait, d’une obligeante tranquillité à la luxuriance des sciences et des humanités, sans pour autant oublier la littérature de votre pays qu’il s’est mis en tête d’étudier. Aussi Anatole ne cesse-t-il de louer votre ville, de même que votre prodigieuse collection de livres anciens, qui, à l’en croire, contiendrait monts et merveilles des sortes les plus inimaginables et les plus sublimes, bien qu’il n’ait que votre lettre pour étayer ses flamboyants discours. Quel enfant, en vérité ! Je puis d’ores et déjà vous garantir qu’il ne manquera pas s’abreuver dans votre bibliothèque à longueur de temps, tel que je le connais.
      Bien évidemment, s’il en venait à devenir trop envahissant, n’hésitez pas à le punir si nécessaire. Faites valoir votre autorité auprès de lui comme s’il s’agissait de moi en personne et rappelez lui ses devoirs d’homme et d’obligé. Cependant, si Anatole se remémore un tant soit peu l’éducation qu’il a reçue, même au milieu de cette pléthore d’ouvrages, vous ne devriez jamais avoir à souffrir son caractère parfois mauvais quand il se mêle d’opiniâtreté. De votre côté, sollicitez-le dès que l’envie vous prendra d’améliorer votre maîtrise du français, qui, par ailleurs, me semble déjà tout à fait honnête. Ma foi, c’est aussi à vous d’en juger.
      Je n’exigerai de vous qu’une seule et unique chose, ma chère cousine ; rien de plus qu’une bagatelle, à dire vrai : accueillez Anatole comme le lointain neveu qu’il est pour vous et exhortez-le à m’écrire régulièrement. De même, usez de votre papier et de votre temps si jamais vous en éprouviez le besoin, si ténu soit-il.
      
Bien à vous,
 
Eléonore. » 
 
 
 
- Ah, Gaston ! Je me demande bien à quoi peut ressembler ce cher neveu ! s’exclama une femme pimpante d’une voix enthousiaste.
      Gaston regarda sa maîtresse tremper ses lèvres dans la tasse de porcelaine à la dernière mode qu’elle tenait et sourit par-dessus la lettre qu’il venait de lire.
- Sûrement un homme intègre et plein d’allant, puisqu’il appartient à votre auguste famille, répondit-il avec une déférence teintée d’amusement.
- C’est l’évidence même ! rit-elle, comme si elle n’avait rien remarqué. Et pourtant, Eléonore n’est que ma cousine au troisième degré, quand bien même porte-t-elle le même nom que moi. Son mari est issu d’une branche cadette de la lignée des Friedingen.
- Pour ce qu’il en est, moi, je ne sais pas. Votre français, en revanche, Madame, était particulièrement brillant !
      Madame von Friedingen avala une nouvelle gorgée de son thé et lança un regard pétillant à son jeune majordome et à son air grave qui semblait si faux. Puis, tandis qu’il persistait, elle éclata soudain d’un rire sonore.
- Quel vil flatteur tu fais, Gaston !
      Et celui-ci de bomber le torse comme un jeune coq.
- Relis moi donc cette lettre, pour la peine, ordonna-t-elle d’un ton triomphal devant la mine nouvellement déconfite du domestique.
 

      Anatole en était encore à rêver de pamphlets et de traités quand son cocher annonça de sa voix bourrue « Heidelberg en vue, Monsieur ! ». Le jeune homme maugréa et souleva légèrement le rideau de la diligence, encore empêtré dans ses songes les plus rocambolesques d’ouvrages énormes et rarissimes. La vue de la bourgade réussit néanmoins à l’enchanter, en sus de le tirer de sa torpeur ; du haut du coteau qu’ils sillonnaient, le spectacle en valait même le coup d’œil. Le vieux cœur de la ville semblait sommeiller au bord du Neckar, cette mince bande scintillante qui glissait entre les collines verdoyantes comme un ruban de soie liquide. Un pont de pierre charmant, « Karl-Theodor Brücke » de son nom d’origine, enjambait la rivière pour s’offrir à la berge constellée du blanc et du rouge des maisons à colombage. Non loin, l’église du Saint-Esprit, « Heilig-Geist Kirche », imposait sa remarquable carrure, à proximité de l’université si renommée et si convoitée. Puis son regard s’arrêta naturellement sur les ruines du château de style Renaissance qui s’élevaient toujours fièrement sur leur colline au dos bossu et boisé, sentinelles écimées bravant toutefois encore la vallée du Neckar à l’Est.
      Anatole referma le rideau. « Tout cela, c’est bon pour les romantiques », ironisa-t-il intérieurement. Il avait des préoccupations plus importantes pour le moment, comme ces maux de tête qui ne cessaient de le lancer, par exemple. Ce voyage avait été bien long et bien ennuyeux, les cahots de la route pavée l’empêchant de lire avec le minimum de confort requis pour apprécier des essais philosophiques. Une perte de temps fastidieuse, en somme. Le jeune homme n’était pas mécontent d’arriver enfin à destination et de quitter les désagréments du voyage. Heidelberg semblait aussi accueillante et studieuse qu’on le lui avait rapporté. Son apparence sereine, quelque peu détachée du reste du monde, n’était pas non plus pour lui déplaire. Cette ville serait l’écrin d’un riche amoncellement de savoirs à venir, c’était la certitude même, se réjouit-il.
      Une seule et unique inquiétude venait néanmoins entacher le tableau : sa « tante ». Tout ce qu’il savait d’elle, c’est de sa mère qu’il le tenait ; et elle lui avait brossé un portrait qui le faisait douter de sa bonne relation future avec cette dame, qui ne l’avait vu qu’une fois alors qu’il n’était âgé que de quatre ans à peine. Sa mère, pourtant si avare en adjectifs d’habitude, avait même choisi un qualificatif peu mélioratif à ses yeux : selon elle, sa tante serait une marginale. Une riche, allègre et frivole marginale.
      Les lèvres d’Anatole se tordirent en une moue peu engageante. Il ne pouvait s’empêcher d’être anxieux ; cependant, la fuite n’était plus une option envisageable. Ils arrivaient.
 

      Anatole s’étonna de la beauté du manoir de sa tante en descendant les quelques marches de la calèche. Spacieux et richement décoré, sans pour autant sombrer dans une pompe extravagante, il était situé à un emplacement avantageux tout près du château en ruine. La verdure qui l’entourait semblait le fondre totalement dans la nature, agrémentée de ses jardins coquettement entretenus. Pourtant, dès qu’on se retournait, une multitude de toitures s’offrait au regard, l’église du Saint-Esprit bien en évidence, talonnée par le Neckar qui étincelait au soleil. Anatole en fit l’expérience, s’accordant quelques instants de contemplation admirative, avant de franchir le portail ouvragé du manoir puis de monter les marches blanches jusqu'à la porte.
      A peine eut-il frappé que la porte de bois massif s’ouvrit de l’intérieur :
- Bienvenue, messire von Friedingen ! clama une voix retentissante.
- Je, oui… heu… merci, bafouilla Anatole, profondément surpris par cet accueil pour le moins chaleureux et rapide.
- Avez-vous fait bon voyage ? demanda un jeune homme poliment, bien qu’une flamme de malice ostentatoire brillât dans ses yeux noisettes.
- Oui, je vous…
      Anatole n’eut pas le temps d’achever sa phrase qu’il entendit une puissante voix féminine brailler l’air du premier mouvement de la septième symphonie de Beethoven au travers de la porte légèrement entr’ouverte. Il ouvrit de grands yeux ronds, alors que le domestique – de toute évidence – affichait un sourire figé.
- Je hm… vous prie de m’excuser, monsieur, fit-il d’un ton embarrassé alors que la cantatrice entreprenait d’achever la mélodie pour de bon.
      Et la porte de lui claquer au nez. Anatole était tellement surpris qu’il ne savait même plus que penser de tous ces éléments saugrenus. Il s’agissait là d’un accueil peu conventionnel, à tout le moins. Quand le massacre musical cessa puis qu’on descendit les escaliers en trombe à l’intérieur pour rouvrir la porte, il n’avait toujours pas bougé. Il découvrit le même jeune homme qui lui souriait comme si de rien n’était, et qui tenta une nouvelle forme d’approche :
- Messire, voici la très estimée Madame von Frie…
      Avant d’être malencontreusement coupé dans son élan par une femme qui s’avançait dans son dos.
- Meine Güte ! gronda-t-elle. Gaston, cesse donc d’être aussi obséquieux ! C’est une manie !
- Veuillez me pardonner ces viles marques de politesse, Madame, répondit-il en plongeant dans une révérence exagérée.
      Celle-ci le repoussa sur le côté sans ménagement en claquant la langue d’un air réprobateur. Anatole n’eut pas le temps de trancher s’il devait rire ou pleurer de cette scène insolite qu’un éclair rouge à volants fondit sur lui, manquant l’étouffer. Ce qui devait à l’évidence être une femme le serra fort contre elle, passant une main caressante dans son dos. Puis elle soupira et se détacha de lui, le tenant à bras-le-corps de ses mains gantées.
- Laissez-moi donc vous regarder, mon neveu, dit-elle d’un ton affable qui avait tout perdu de sa théâtralité. Je peux vous appeler ainsi, n’est-ce pas ?
      Anatole ouvrit la bouche et la referma, incrédule. C’était donc elle, sa tante ? Pendant qu’elle le dévisageait avec un sourire éclatant ourlé de douceur, il ne put s’empêcher de la détailler du regard à son tour. Grande et élancée, cette femme semblait incroyablement jeune et gracieuse pour une noble qui, aux dires de sa mère, avait déjà goûté à la moitié de sa trentième décennie. Une autre singularité qui le frappa fut la richesse de ses atours uniformément rouges. Sa robe corsetée de satin écarlate épousait parfaitement sa silhouette menue et mettait ses formes en valeur, tandis que la pointe de ses chaussures rouges à boucle d’or se faisait timidement voir. Un collier et des boucles d’oreille de perles, mariés à des gants de soie blanche, nuançaient la pâleur de sa peau encore rehaussée du carmin de ses lèvres souriantes. Ses yeux verts pétillaient sous un chapeau à bords minces de couleur rouge également, qui était agrémenté d’un ruban de soie mauve piqué de petites pommes de pin habilement imitées. Pour garnir le tout, enfin, sa chevelure châtain retenue en un chignon lâche libérait quelques mèches bouclées sur ses traits d’une finesse presque artistique.
- Bien sûr que vous le pouvez, Madame ! affirma le domestique avec vigueur. Laissez donc ce jeune homme reprendre ses esprits, votre admirable prestance l’a intimidé après un si long voyage.
- Gaston, donne donc une part d’Apfelstrudel à mon neveu au lieu de dire des âneries. Allez, ne te fais pas prier !
      Le majordome hocha la tête et disparut au détour du corridor richement meublé. Madame von Friedingen se retourna alors vers Anatole, visiblement amusée.
- Venez, Anatole. Je vais vous faire visiter la maison. Gaston nous apportera le thé dans la bibliothèque, ce sera plus agréable.
      Le jeune homme se réveilla à l’évocation de la bibliothèque. De la torpeur, c’était maintenant une impatience subite qui le gagnait. Ce mot magique parvint même à lui délier la langue.
- Veuillez me pardonner, ma tante. Le voyage m’a plus éprouvé que je ne le pensais.
- C’est normal, voyons ! rit-elle. Mais venez donc !
      A nouvelle étrangeté, nouvel étonnement. Sa tante venait de lui prendre la main et le guidait à présent au travers du manoir dans l’intention de lui dévoiler toutes ses pièces. Anatole se laissa faire tout en décidant de ne plus se faire surprendre par les manières originales de cette femme. Au lieu de quoi il se laissa prendre au jeu, s’émerveillant du luxe et du raffinement de chaque recoin du manoir, devant une Madame von Friedingen guillerette qui multipliait les anecdotes, mêlant sans distinction faits historiques et potins en relation avec chacune des pièces qu’elle lui faisait visiter. Pour Anatole, qui était issu de la branche désargentée de la famille, de telles richesses répondaient aisément au doux nom de splendeurs. Pourtant, ce qui l’impressionnait le plus résidait moins dans la profusion que dans le goût avec lequel tous ces éléments avaient été choisis et ordonnancés. Avec une telle propriétaire, il avait pensé que tout serait extravagant, voire baroque. Etant donnée sa condition, il aurait également pu s’offusquer de toutes ces marques d’opulence que sa tante s’ingéniait à lui dévoiler, mais, étonnamment, il ne lui en voulait pas le moins du monde. Bien au contraire, cette visite lui était agréable et il pensait sa tante sincère dans son enthousiasme effréné. Il se dit même qu’il commençait à l’apprécier.
      Quand, après avoir souri devant l’image de sa chambre douillette, il fut guidé au-devant de la dernière salle qui lui était encore inconnue, sa tante ralentit la cadence avec un air malicieux. Elle prit intentionnellement son temps pour tourner la clef dans la serrure de la mystérieuse porte, puis elle l’ouvrit lentement de l’intérieur, s’écartant sur le côté à mesure qu’elle la ramenait à elle. Anatole la dévisagea un instant, interloqué, et se décida à avancer quand elle lui adressa un clin d’œil.
      Une fois à l’intérieur, Anatole n’en crut pas ses yeux. Il se trouvait au premier étage, sur un surplomb de bois sombre qui lui offrait une vue imprenable sur une multitude de rangées toutes pleines de livres. La salle, incroyablement vaste, était parcourue de lustres en cristal qui diffusaient une lumière plaisante tout du long. Le jeune homme posa ses mains sur la balustrade devant lui, à la fois bouleversé et ébloui par l’étendue de la bibliothèque que sa mère lui avait maintes et maintes fois louée. Jamais il n’aurait pensé qu’une telle collection d’ouvrages privée, si belle et si fournie, puisse exister en dehors des châteaux les plus illustres. Un frisson lui parcourut l’échine alors que les perspectives de lectures à venir se multipliaient dans son esprit. C’en était donc fini des bousculades dans les bibliothèques bondées de l’université et des railleries concernant ses livres d’étude défraîchis ? Une telle abondance… C’était tout bonnement impensable.
      Madame von Friedingen vint à sa hauteur et posa une main sur le bras d’Anatole. Toute frivolité l’avait quittée ; elle n’était plus que l’image de la tendresse et de la bienveillance.
- Voici la fameuse bibliothèque des Friedingen, l’héritage le plus jalousement conservé de notre famille. La tradition veut que chaque génération apporte sa contribution afin de nourrir la lignée des connaissances et des arts du monde entier. Mon défunt mari n’a eu de cesse de l’enrichir tout au long de sa vie et, désormais, c’est à moi qu’incombe ce devoir.
      Elle eut un petit sourire pour elle-même tandis qu’elle contemplait vaguement les étalages garnis de livres ; Anatole ne sut l’interpréter, hésitant entre la fierté et d’autres sentiments plus innocents. Puis elle reprit :
- Tout cela est à vous, si vous me promettez de ne pas tout déranger, déclara-t-elle avec un regard complice.
- Je vous remercie infiniment, ma tante. C’est si grand ! répondit-il, fasciné par tous ces ouvrages tentateurs qui n’attendaient plus que d’être ouverts.
- Venez, je vais vous montrer tout ce que j’ai moi-même assemblé.
      Cette fois-ci, elle ne lui prit pas la main. Elle se contenta de lui faire signe de la suivre, ce qu’il fit naturellement, attiré qu’il était par ce gisement de savoirs exceptionnel. Ils descendirent un petit escalier de bois en colimaçon, puis déambulèrent parmi les étagères soigneusement époussetées jusqu’à la rangée la plus externe, qui était certainement la plus récente. Madame von Friedingen s’arrêta devant et choisit un livre relié dont elle vanta le cuir de la plus haute qualité et les lettres d’or frappées sur la couverture, avant de le tendre à un Anatole captivé. Il put y lire « Die deutsche Heldensage, von Wilhelm Grimm », qu’il traduisit mentalement par Chants héroïques allemands, d’après Wilhelm Grimm. Anatole avait entendu parler des frères Grimm pour leurs talents de linguistes chevronnés et s’étonnait que sa tante puisse posséder un ouvrage tiré à si peu d’exemplaires. Il le feuilleta et s’émerveilla de la qualité du papier et de l’élégance des caractères d’imprimerie gothiques, en vis-à-vis des superbes illustrations qui parsemaient ce recueil. Par la suite, sa tante lui déposa un autre livre tout aussi luxueux entre les mains, qui se révéla être la traduction d’un traité de philosophie antique récemment découvert. Le cœur d’Anatole manqua un bond dans sa poitrine. Lui qui avait toujours été épris des livres et qui n’avait jamais eu accès à la plupart d’entre eux à cause de leur coût, voilà que tout un pan de la littérature et des savoirs écrits lui était ouvert. Qui sait ce que cette immense bibliothèque pouvait bien receler ?
      Lorsqu’Anatole s’arracha à sa contemplation pour faire part de son émoi à sa tante, il constata qu’elle ne se trouvait plus à son côté. Il se retourna alors et vit qu’elle et le majordome le regardaient avec indulgence depuis le coin de la salle où sa parente était assise. Le jeune homme leur adressa un sourire embarrassé et rangea soigneusement l’ouvrage avant de les rejoindre. Il n’avait pas seulement remarqué l’entrée du domestique, qui avait posé le nécessaire à thé sur la table devant sa tante. Il s’assit sur le fauteuil de velours vert que lui présentait Gaston et accepta la tasse de thé fumante qu’il avait remplie avec doigté. Les fréquents coups d’œil qu’il échangeait avec sa tante ne lui échappèrent pas. Une telle relation de connivence était surprenante, surtout pour un majordome qui devait être à peine plus âgé que lui.
- Alors, la bibliothèque vous plait-elle ? demanda Madame von Friedingen.
- Absolument ! Elle est tout à fait extraordinaire ! s’enflamma Anatole.
- J’espère qu’elle contient tout ce qu’il vous faudra pour vos études. Ce serait fâcheux s’il s’avérait manquer des ouvrages de référence dans un ramassis aussi ingérable que celui-ci.
      Anatole entendit Gaston pouffer derrière lui, alors que sa tante lui lançait un regard faussement outré en retour.
- Vous savez, je ne pense pas m’inscrire tout de suite à l’université. Les formalités sont longues à satisfaire, et je crois disposer de tout ce dont j’ai besoin ici, si ce n’est plus.
- Bien plus, commenta Gaston dans son dos.
- Ah, Gaston ! Voilà une bien triste image que tu donnes de toi-même dès le premier jour à notre invité, le réprimanda-t-elle. Si seulement tu pouvais te tenir aussi bien que les pommes dans ton strudel, tu serais bien meilleur à la tâche !
      Ce fut au tour d’Anatole de partir dans un brusque éclat de rire. La comparaison saugrenue du strudel et le comique de la situation – à proprement parler désopilants – avaient fini de le mettre de bonne humeur.
- Ne l’encouragez pas, mon neveu, sinon il va continuer de faire le singe, fit Madame von Friedingen avec une noble raideur parfaitement étudiée.
      Passablement ennuyé, le majordome ne se joignit pas à l’hilarité partagée entre la tante et son neveu, et sortit de la pièce en invoquant des « tâches plus urgentes » qui ne réclamaient pas sa compagnie. Une fois que les deux nobles se furent calmés, Anatole exposa son inquiétude concernant le domestique à sa tante.
- Oh, ne vous inquiétez pas. Il est un peu boudeur quelquefois, mais ses humeurs l’abandonnent vite. Dites-moi plutôt si vous avez fait bon voyage.
- Un peu long, mais l’attente en valait la peine.
- Tant mieux. (Elle se tut un instant pour prendre une bouchée de son strudel, puis reprit.) Est-ce que je peux te tutoyer ?
      Anatole en laissa retomber sa fourchette dans son assiette. Le côté abrupt de la demande, autant que son contenu, le décontenança. Il était d’usage dans les familles nobles que tous leurs membres se vouvoient, même en Allemagne. Lui qui vouvoyait sa propre mère, de quel droit osait-elle lui demander une chose pareille ? Puis il vit son sourire innocent et ne put se résoudre à lui dire non.
- Je suppose que oui…
- Bien ! s’exclama-t-elle, la mine réjouie. J’ai toujours détesté le vouvoiement. Maintenant, je peux te dire que tu peux disposer de la bibliothèque comme tu l’entendras. Tu fais partie de la famille d’ici, en quelque sorte.
- C’est généreux de votre part, ma tante. Puis-je vous poser une question à mon tour ?
      Celle-ci haussa un sourcil interrogatif par-dessus sa tasse de thé.
- Comment se fait-il que vous parliez si bien le français ?
- Oh, eh bien… j’ai eu un bon professeur, j’imagine.
- Il devait être excellent, plutôt. Je ne pense pas pouvoir m’exprimer un jour aussi bien en allemand que vous le faites en français. C’est Gaston qui vous a appris ?
- Non, pas exactement. Il est aussi allemand que moi en fait, répondit-elle, amusée.
- Ah oui ? s’étonna Anatole en fronçant les sourcils. Il ne pouvait s’imaginer qu’un allemand puisse s’appeler Gaston tout en ayant un accent aussi pur.
- Oui, acquiesça-t-elle, soudain évasive. Mais je dois encore m’améliorer en français, il faut que j’arrive à parler de façon plus fluide. Ça fait chic dans les salons : répondre au tic-tac.
- Au tac-au-tac ? rit-il.
- J’ai du mal avec les expressions, s’excusa-t-elle en riant également.
- Mais non, vous vous débrouillez très bien. (Il avalait le dernier morceau du délicieux apfelstrudel qui lui restait quand une question qui le taraudait depuis un petit moment refit surface dans son esprit.) Vit-on bien en tant qu’étudiant, à Heidelberg ?
- Pour reprendre une expression de mon mari, il s’agit de l’une des meilleures universités du monde connu. Et la ville en elle-même a son charme, si on aime les charmes discrets. Généralement, les étudiants ne se plaignent pas de la vie ici. Mais quand en plus on a la chance d’avoir une tante si riche et si jolie, c’est une tout autre affaire… dit-elle avec humour.
      On aurait pu prendre son affirmation pour de la vanité, et Anatole le premier, mais le sourire de sa parente était si désarmant qu’on avait de la peine à le croire. Sa tante était bel et bien une marginale, mais du bon côté de la marginalité, songea-t-il. Il lui rendit son rire de bon cœur une fois de plus, qui, toutefois, ne dura pas. Madame von Friedingen venait de se redresser brusquement sur le dossier de son fauteuil, les yeux rivés sur la pendule en face d’elle avec un air d’effroi.
- Quelle sotte je fais ! A force de parler comme Gaston, je me suis mise en retard. J’en avais presque oublié la petite réception qui se tiendra ce soir. Mais c’est qu’il commence à se faire tard en plus ! s’exclama-t-elle sur un ton qui confinait à l’hystérie.
      A la suite de quoi elle reporta son attention sur son neveu, comme si elle l’avait oublié. Son expression recouvra alors la douceur et le calme que sa panique avait eut tôt fait de dissiper.
- Anatole, ce fut un plaisir de bavarder un peu avec toi, mais je dois te quitter pour le moment. Comme cette réception était organisée depuis longtemps, je n’ai pas pu la décommander à cause de ta venue. Pour ce qui est de cette soirée, tu en es exceptionnellement dispensé. Gaston a déjà apporté le repas dans ta chambre s’il écoute parfois ce que je lui dis. Prends du repos comme bon te semblera, tu en as bien besoin. Mais ne dérange rien, c’est compris ?
      Anatole eut à peine le temps de souffler un « oui » qu’elle s’esquiva par la porte donnant sur le corridor central. Il haussa des épaules ; les réactions de sa tante ne l’étonnaient déjà plus qu’à moitié. Il se retrouvait donc seul, seul avec ses pensées et cette immense bibliothèque. Le cœur bondissant d’allégresse et d’excitation, il parcourut les rayonnages en notant mentalement les volumes les plus susceptibles de retenir son attention, laissant ses mains s’attarder sur les étalages de bois précieux avec délectation. De découverte en découverte néanmoins, il se rendit progressivement compte de la fatigue qui l’assaillait et lui faisait fermer les yeux. De mauvaise grâce, cette dernière l’emporta finalement sur sa frénésie bibliophile et obligea le jeune homme à se montrer raisonnable. Mais ce n’était que partie remise.
 

      Le lendemain, Anatole eut tout le loisir de goûter à sa nouvelle vie à grand renfort de lectures et d’exclamations admiratives. La matinée avait été rythmée avant tout par le bruit des pages que l’on tourne et les trilles des oiseaux encore assez énergiques en ce début d’automne. Mais cette expérience paradisiaque tourna bientôt court : Qu’aurait été l’existence à Heidelberg sans sa tante ?
      Celle-ci se manifesta sur les coups de midi environ, sans qu’on ait besoin d’y accorder une attention spécifique pour le savoir : les « chants » emplirent de nouveau le manoir, n’épargnant personne. Lorsqu’elle descendit la première fois pour un passage rapide, elle lui avoua avec un grand rire qu’elle avait passé une heure et demi à s’apprêter, sans oublier l’autre demi-heure réservée à semoncer Gaston sur sa tenue déplorable de la veille au soir. Ce devait être sa manière de dire bonjour. Le majordome lui avait confessé un peu plus tôt en lui apportant le petit-déjeuner que Madame von Friedingen l’obligeait à porter la perruque et à poudrer son visage lors de ces fameuses – et hélas bien nombreuses – réceptions ; ce qui était passé de mode depuis longtemps. Anatole s’imaginait bien l’allure de Gaston affublé de sa perruque, l’air grognon, en proie aux hilarités des convives. Comme quoi, marginalité rimait parfois avec cruauté.
      Sa tante réapparut ensuite dans la bibliothèque en ouvrant les portes en grand, déclarant d’un ton théâtral :
- Guten Morgen, die Sonne scheint !
- Oui, bonjour ma tante, répondit Anatole en soulevant le nez de son épais volume. Le soleil brille, effectivement.
- On a bien dormi, mon neveu ? demanda-t-elle en tournant sur elle-même.
- Heu… on ne peut mieux, et vous-même ?
      Sans répondre, Madame von Friedingen finit sa danse solitaire devant la grande baie vitrée de la bibliothèque en saluant, sous le regard effaré de son neveu. Sur quoi elle renversa la tête en arrière, les yeux clos, visage tendu vers le soleil qui l’illuminait.
- Parfois, je pense être une tulipe. Je suis aussi rouge et amoureuse du soleil qu’elle !
- Pardon ?
- Ah, mais voilà ce cher Gaston ! s’exclama-t-elle en reprenant sa danse en direction du domestique qui venait d’arriver. Oh, quelle mauvaise mine ! Allez donc m’arranger ça, jeune homme, sous peine de perruques poudrées de la tête aux pieds !
      Elle ponctua sa réprimande en pinçant la joue du malheureux majordome, puis sortit de la bibliothèque aussi discrètement qu’elle était venue, dans une danse solaire particulièrement fleurie. Gaston leva les yeux au ciel, l’air dépité. Anatole vit alors les cernes qui soulignaient ses yeux sans éclat ; il semblait avoir bien perdu de son allant de la veille.
- Gaston, vous allez bien ? demanda le jeune homme, sincèrement inquiet.
- Ce n’est rien, grogna l’intéressé. Il suffit d’être habitué.
- Ce doit être dur de la vivre au jour le jour, plaisanta Anatole sur un ton compatissant. Vous a-t-elle contrarié ?
      Le majordome soupira, mais ne répondit rien. Son jeune vis-à-vis n’eut pourtant pas de peine à deviner que les propos que lui avait assenés sa tante l’avaient blessé.
- Je vous prie de m’excuser, Monsieur, dit Gaston en refermant la porte.
      Anatole eut une pensée de commisération pour le domestique, qui, comme il devait l’apprendre plus tard, ne travaillait qu’avec deux collègues très discrets dans ce luxueux manoir, en plus de satisfaire la moindre des envies de son insouciante maîtresse. Le jeune homme fronça les sourcils ; soudainement, l’égoïsme versatile de sa tante lui plaisait beaucoup moins.
 

      En fin de semaine, le comportement de Madame von Friedingen était devenu familier à Anatole. Certes, ses brusques changements d’humeur et ses phrases cocasses avaient le don indéfectible de le dérider, mais ils avaient aussi leurs inconvénients. Entre autres faits, elle le perturbait régulièrement au milieu des études on ne peut plus sérieuses qu’il menait, éminemment concentré, en compagnie des énormes tomes dont il se servait chaque jour. A chaque fois, elle en prenait un et vérifiait le grain de son cuir et l’état de ses pages, comme s’ils risquaient de s’abîmer instantanément dès qu’Anatole les touchait. Puis elle finissait son inspection en lui recommandant généralement de ne pas les corner et de les ranger à leur place, avant de retourner vaquer à ses occupations. Il serait peu dire que cette habitude le dérangeait ; dans le fait, elle l’énervait au plus haut point. En ce genre d’occasions répétées, il avait la franche impression d’être une gêne dans son univers de marginale coquette. Pire encore, quand il l’avait interrogée sur le contenu de l’un des romans qu’elle avait assemblés, elle avait simplement esquivé la question. Ce détail, qui l’avait d’abord déconcerté, prit néanmoins de l’importance dans son esprit lorsqu’il lui demanda à plusieurs reprises ce que tel ou tel ouvrage relatait. Et toujours elle contournait la question en rapportant une anecdote saugrenue ou en vantant la beauté de la couverture, si ce n’étaient une danse ou un défaut de sa robe qui lui fournissaient un moyen de s’y soustraire. Quel que fût le prétexte invoqué, Anatole commença sérieusement à croire que sa chère tante n’avait pas lu un seul des livres qu’elle avait achetés à prix d’or ; et bien évidemment, c’était impardonnable.
      Tout venait corroborer la futilité et le narcissisme outrancier qu’imputait le jeune homme à Madame von Friedingen. Chaque jour, son lever devait se faire en grande pompe, suivi de près par une collation et par sa toilette interminable, qui lui prenait deux heures au bas mot. Gaston en revenait toujours exténué, ou bien maussade ou bien moqueur, quand sa maîtresse faisait son arrivée quotidienne en fanfare. On eût dit que le monde ne vivait que pour la voir se trémousser devant sa baie vitrée. Anatole s’était quant à lui lié d’amitié avec le majordome, dont il aimait l’entrain et la malice quand il n’était pas absorbé par ses études. Selon lui, le domestique ne devait sa survie qu’aux petites piques – toujours gentilles toutefois - qu’il se permettait de lancer à sa tante de temps en temps. Que ce soit vrai ou non, le jeune noble ne pouvait s’empêcher de vouer son admiration au courage dont il faisait preuve, chaque jour passant. Bien qu’une réelle complicité l’unît à sa maîtresse et que leurs échanges verbaux soient toujours délicieux de cocasserie, les contreparties en étaient tout aussi pesantes. Et Gaston ne faisait jamais d’esclandre.
      Dans cette perspective, les fameuses « réceptions » qu’organisait Madame von Friedingen s’étaient révélées être la pire des choses qui pouvaient arriver dans ce manoir. Celle-ci n’hésitait jamais à l’humilier en public, même devant des professeurs d’université, en racontant la seule fois où elle l’avait vu, pleurant à chaudes larmes pour obtenir une madeleine chez un parfumeur, tout en lui ébouriffant les cheveux. Bien sûr, elle le disait d’un ton tellement insouciant que ce n’était jamais bien grave, même quand elle riait de concert avec ses nobles invités à propos des « pauvres habits » qu’il s’était entêté à conserver. Ce qui l’indignait le plus était le sort réservé à Gaston, qui devait faire le service sans mot dire avec sa perruque et sa poudre. Anatole avait subodoré que les invités riraient simplement, sans ambages, mais dans le fait ils n’hésitaient pas à se gausser ouvertement de lui, encouragés par les plaisanteries hautes en couleur de sa tante. Il ne comprenait pas qu’elle puisse lui imposer une telle comédie juste en raison de son goût pour les marques d’un luxe suranné. Elle-même ne semblait pas comprendre la honte et l’indignation dans lesquelles elle plongeait Gaston à cause de ses réceptions. Etait-elle donc à ce point imbue de sa beauté ravageuse qu’elle n’éprouvât pas la moindre compassion pour son domestique le plus dévoué ?
      Oui, bien des choses agaçaient Anatole chez sa tante, qui s’amusait maintenant à l’appeler « Mein Liebchen » ou « Mein liebes Kind », dont il n’avait trouvé traduction plus efficace que mon cher petit. Du haut de ses 19 ans, ne méritait-il pas un surnom plus évolué ? Quoiqu’il en soit, ce ne devait pas être la dernière surprise à laquelle il serait confronté.
 

      Celle-ci survint quelques jours plus tard, dans cette bibliothèque qui était devenue son sanctuaire sacré. Alors qu’il s’énervait à propos de sa tante auprès de Gaston, exceptionnellement désœuvré en cette soirée dénuée de réceptions et autres invités que l’on n’attendait pas, ce dernier lui répondit calmement :
- Je comprends qu’elle puisse vous irriter, mais, vous savez, Madame von Friedingen fait de son mieux.
- En se pavanant devant ses illustres invités à force de pirouettes étincelantes de bijoux, peut-être ? railla Anatole.
- Vous ne saisissez pas, le reprit Gaston avec sérieux.
- Dites-moi alors ce qu’il en est. Cette créature échappe à toute logique humaine, et je crois bien m’abîmer l’esprit à tenter de la cerner. Et même, je me demande comment l’on pourrait comprendre une tulipe ambulante ? demanda Anatole avec un sourire narquois.
- Votre tante fait de son mieux, insista le domestique, imperturbable. Elle le fait juste à sa manière.
- Je ne comprends pas comment vous pouvez continuellement la louer avec toutes les fantaisies qu’elle vous fait subir.
- Vous ne savez tout ce que votre tante a enduré, fit Gaston d’un ton bourru. La mort du marquis l’a beaucoup émue, elle l’aimait plus que vous ne pouvez l’imaginer. Quand il s’est éteint il y a plus de dix ans maintenant, votre tante était encore jeune et n’avait pas la plus simple idée de la manière de tenir une maison aussi illustre que celle des Friedingen ici à Heidelberg. La perte de son mari a porté un coup sévère à toute la ville, et à elle bien plus encore. Mais elle s’est relevée sans avoir fini son deuil et, en affectant de ne rien laisser paraître, elle a œuvré de son mieux pour préserver le prestige de votre famille. Toutes ces réceptions, cette apparence qu’elle entretient chaque jour afin de montrer que tout est pour le mieux, pour quoi croyez-vous qu’elle se les impose ? Toutes ces choses que vous qualifiez de frivolités ne lui plaisent pas tant que vous le pensez. Pour vous, elle se donne en spectacle quand elle ne songe qu’à briller. Vous savez, Madame von Friedingen n’est pas celle que vous croyez. Elle n’a pas eu la chance d’avoir une bonne éducation ni d’instruction pour ce qui est de représenter sa lignée. Et, tant que nous y sommes, apprenez qu’elle provient d’une famille de la petite noblesse tout aussi désargentée que votre lignage. Monsieur le marquis l’a choisie pour sa beauté et pour son goût de vivre, pas pour sa richesse ni pour son esprit ; ce qui lui a d’ailleurs valu d’être traitée comme une parvenue, rien de moins ! Pourtant, malgré tout cela, elle a continué ce pour quoi son mari vivait, et qu’elle continue toujours : la gloire des Friedingen, l’héritage d’une famille de savants et de connaisseurs. Alors oui, elle enrichit la bibliothèque des plus beaux livres parce que son mari les aimait et organise des réceptions que vous trouvez ridicules, et ce n’est peut-être pas la meilleure façon de procéder, j’en conviens. Mais, entre nous, je ne crois pas que nous puissions faire mieux qu’elle, pas avec autant de cœur en tout cas.
      Anatole hocha lentement de la tête, abasourdi.
- Et d’ailleurs, savez-vous seulement pourquoi elle porte toujours du rouge ? reprit le majordome, le regard soudain fuyant.
      Anatole resta silencieux, sachant qu’une telle question ne requérait pas de réponse.
- En souvenir de son mari, qui a été emporté par la scarlatine.
      Le jeune noble, nageant en pleine confusion, présenta des excuses qui lui semblèrent bien plates quand il vit les larmes monter aux yeux du domestique, qui s’esquiva peu après pour ne pas être confronté à son regard. Bouleversé, Anatole resta immobile un long moment dans son fauteuil, près de la bougie qui achevait de se consumer en crachotant. Il réfléchit avec émotion au discours de Gaston et à la force qu’il y avait mise, puis au regard qu’il portait sur sa tante sans la connaître réellement. Il l’imagina, triste face à sa garde-robe uniformément rouge, ou lisant en cachette les livres que son mari avait collectionnés tout au long de sa vie, une larme de regret dans les yeux. Ce soir-là, il se coucha en se traitant de sombre idiot.
 

      Le lendemain matin, Anatole se promit de considérer sa tante autrement, même s’il la croyait toujours aussi futile et volage. Ce fut une matinée habituelle, avec ses cris d’agonie qui auraient dû rimer avec harmonie et le tombereau de parfum qui s’engouffrait par les portes délicatement ouvertes, à ceci près que, pour la première fois, sa tante était entièrement vêtue de vert. Maintenant qu’il connaissait la symbolique que le rouge revêtait pour elle, Anatole ne manqua pas s’étonner de ce changement avant de remarquer ses boucles d’oreille de grenat et le houx factice qui était piqué dans le ruban bleu nuit de son chapeau olivâtre. Sa robe de mousseline verte garnie de dentelle lui allait d’ailleurs à ravir.
      Sur ces entrefaites, Gaston pénétra dans la bibliothèque, muni d’une ombrelle et d’un éventail de la plus belle facture qu’il tendit à sa maîtresse, avec un sourire destiné à Anatole. La marquise tourna sur elle-même, étudiant avec attention les ondulations que produisait sa robe en compagnie de ses deux nouveaux accessoires.
- Gaston, suis-je élégante ? s’inquiéta-t-elle.
- N’importe qui vous le dirait, Madame, répondit l’intéressé sur un ton théâtral. Je crois même que nulle personne assez avisée en ce monde n’oserait affirmer le contraire.
- Et qu’en est-il de l’avis des personnes doctes non-flatteuses car non-intéressées ? demanda-t-elle en appuyant chaque mot à l’intention de son neveu.
- C’est parfait, ma tante, répondit celui-ci.
      Madame von Friedingen refit un tour sur elle-même, une moue peu convaincue sur le visage.
- A vrai dire, dans cette robe je me trouve un peu… champêtre.
      Elle l’avait dit avec un air tellement suspicieux qu’Anatole et Gaston éclatèrent de rire.
- Bon, d’accord, fit-elle avec un grand sourire. Va pour cette robe. Mais il faut que j’aie la meilleure apparence possible, tu sais, Anatole. C’est sérieux.
      Anatole interrogea le majordome du regard, qui se contenta d’hausser les épaules en signe d’impuissance. Que pouvait bien avoir inventé sa tante, cette fois-ci ?
- Il me faut être la meilleure pour ce concours de jeu d’esprit organisé par la Comtesse von Hildesheim. Il en va de l’honneur !
- Je suis certain que vous les éblouirez tous, Madame, la flatta Gaston.
- J’y compte bien ! De toute manière, j’ai déjà une longueur d’avance avec cet ensemble vert. Je suis comme la déesse aux yeux pers, splendide et spirituelle, vous savez ! Cette… hm…
- Athéna ? Ou Minerve chez les Romains ? avança Anatole.
- Voilà, Athéna ! C’est couru d’avance, ce concours, je l’ai déjà remporté ! s’exclama-t-elle avec ferveur.
      Anatole ne put s’empêcher de rire, à mi-chemin entre amusement et exaspération.
- Un concours d’esprit, comme chez les précieuses ? C’est pour cela que vous avez ressorti cet éventail ?
- Oui, c’est la Comtesse qui en a eu l’idée et… Oh, mais il se fait tard ! s’écria-t-elle en fixant la pendule. Gaston, va appeler le cocher.
      Et celui-ci de s’exécuter dans l’instant. La marquise se tourna ensuite vers son neveu, les yeux brillants d’excitation.
- N’aie crainte ! Je vaincrai pour l’honneur de la famille, mein liebes Kind, promit-elle en déposant un baiser affectueux sur son front.
      Sur quoi elle partit en trombe quand Gaston l’appela sur le perron, laissant un Anatole perplexe dans la bibliothèque. De nouveau, même avec sa résolution, il ne savait que penser de sa tante.
 

      Le soir même, Anatole était confortablement installé dans son éternel fauteuil de velours vert quand il entendit tout à coup les portes claquer. Dès l’abord, il sut qu’une tempête venait de pénétrer le manoir. Et cette tempête avait un nom : Madame von Friedingen.
      En effet, celle-ci déboula dans la bibliothèque comme une furie, les joues rouges de colère. Les yeux fous, elle ahanait bruyamment au chambranle de la porte, visiblement exténuée. Tout en plaignant le cocher qui avait dû la supporter dans cet état tout le trajet, Anatole se dit que toute cette agitation devait avoir une relation étroite avec le concours de jeu d’esprit. Et au vu de son apparence actuelle, il lui était aisé de deviner quelle avait été son issue ; c’était presque si elle écumait de rage.
      Sa tante s’avança alors dans la pièce en direction de Gaston, qui se tenait non loin d’Anatole. Le domestique affichait une expression neutre ; certainement était-ce la meilleure attitude à adopter pour gérer ce genre de crise. Du moins Anatole l’avait-il cru :
- Alors, ma Déesse, quel genre de victoire nous apportez-vous de l’Olympe ? musa-t-il en prenant sa main pour la baiser.
- J’ai perdu, sombre idiot ! vociféra-t-elle en retirant farouchement sa main.
- Sombre idiot, assurément, face à un esprit aussi lumineux que le votre ! répondit Gaston en minant d’être ébloui.
      Anatole s’esclaffa dans son fauteuil, jusqu’à ce que sa tante le foudroie littéralement du regard.
- Ce que tu peux être stupide, Gaston ! Toutes les dames présentes ont ri de moi dès mon arrivée, elles se sont moquées de ma tenue, puis des traits d’esprit que j’avais mis des mois à apprendre, elles ont gloussé toute l’après-midi durant ! explosa-t-elle, aussi rouge qu’une pivoine. Oh, pour ça, oui, elles se sont bien amusées ! Moi, j’ai vécu ce calvaire et toi, tout ce que tu trouves à me dire, ce sont ces pitreries ?!
      Gaston s’apprêtait à se confondre en excuses, les yeux rivés au sol, quand Madame von Friedingen lui flanqua un coup d’éventail cinglant sur la joue. Elle releva ensuite l’objet dans la perspective de répéter le même geste, puis, fronçant les sourcils, elle le jeta violemment par terre et s’en retourna à grands pas par là où elle était venue. On l’entendit monter les escaliers quatre à quatre en pestant contre sa robe, après quoi elle claqua brutalement la porte de sa chambre.
      Passablement énervé contre le comportement de sa tante, Anatole regardait Gaston, qui se tenait la joue sans mot dire en fixant l’éventail tombé au sol. Après quelques instants, il se pencha pour le ramasser et le déposa sur la table, les lèvres serrées. Anatole l’observa faire avec incompréhension : comment pouvait-il rester servile après ce genre de scène ? Voilà qui défiait l’entendement. Il se leva pour s’approcher du domestique, l’air soucieux.
- Ça va, Gaston ? demanda-t-il.
- Ça pourrait aller mieux, répondit l’intéressé, le visage dénué d’expression.
- Mais enfin, comment a-t-elle osé vous frapper ? C’est… c’est révoltant ! s’indigna Anatole, qui en voulait chèrement à sa tante pour son acte et son courroux disproportionné.
- Non, je l’ai mérité… fit-il d’une voix blanche.
- Mérité ! Comment pouvez-vous…
      Il fut interrompu par le cri de rage de sa tante à l’étage, qui brisa un vase au sol dans le même élan. Anatole resta un moment interdit, puis la colère le submergea tout entier.
- C’en est trop, je m’en vais ! s’écria-t-il. Elle est folle à lier !
      Le jeune homme enleva sa main de l’épaule de Gaston et s’éloigna d’un pas vif, ivre de fureur. Cette fois, il n’allait pas supporter les humeurs de sa tante en cherchant à la comprendre ; c’était au-dessus de ses forces.
- Folle ou pas, c’est elle qui m’a élevé… souffla le domestique, le regard vague.
 

 

 

      «                                                                                                                                                                                                                           18 octobre 1831
 

                                    (…)                                                                                      
 

      Mais, croyez-le ou non, il ne le dit pas assez fort pour me retenir. Par la suite, une fois revenu chez ma tante, je devais apprendre de la bouche de Gaston qu’elle l’avait effectivement élevé comme son propre fils, ne pouvant en avoir elle-même. Elle l’avait recueilli lors de sa deuxième année de mariage, alors qu’il n’était qu’un tout jeune enfant et elle une femme à peine mûre ; elle avait 19 ans. D’après ce que j’ai compris, sa famille était au service d’une maison noble d’Heidelberg qui a dû revendre ses terres et ses titres pour cause de dettes. Or, ces nobles ne pouvaient plus payer la famille de Gaston depuis longtemps. Acculée, sa mère s’est donc retrouvée à la rue en compagnie de son fils, qu’elle n’a pas hésité à vendre à ma tante pleine de pitié pour le petit garçon, afin de s’assurer une place chez quelque bourgeois. Une bien triste histoire, en vérité. Monsieur le Marquis ne voulant pas d’un fils adoptif roturier, il accepta néanmoins que sa femme le garde afin d’en faire un majordome. Ma tante s’est alors occupée du jeune domestique tout au long de son enfance, en assistant aux leçons que son mari l’autorisait à suivre, en particulier les cours de français. Etant férue de cette langue, elle en acquit bientôt une maîtrise remarquable et, ne connaissant pas son nom, elle appela ce petit garçon Gaston. C’est ainsi que l’on peut comprendre leur relation, même si par certains côtés elle reste vraiment mystérieuse à mes yeux.
      Autre fait étonnant : vous n’êtes pas sans savoir qu’un terrible incendie s’est propagé dans Heidelberg il y a moins d’une semaine ; toutes les bibliothèques universitaires ont brûlé dans ce drame, consumant à jamais une pléthore de savoirs et de littérature ô combien précieux. Il ne reste pas une seule bibliothèque en ville qui n’ait pas été sévèrement endommagée. Quel est le rapport avec ma tante, me direz-vous ? J’y viens. Comme je vous l’ai dit plus haut, je suis intimement convaincu que ma tante n’a pas lu un seul des livres qu’elle a assemblés, et qu’elle ne les choisit qu’en fonction de leur apparence et de leur coût pour juger de leur qualité. Une telle superficialité ! Une telle coquetterie ! Et ces caprices à n’en plus finir ! Mais que voulez-vous, on ne la changera pas ; c’est ainsi qu’elle les aime, ses livres.
      Toute cette digression pour vous faire part de mon immense surprise à l’égard de sa réaction face à l’incendie de Heidelberg. Elle a pleuré la perte de tous ces ouvrages, sincèrement, que ce soit pour leur beauté ou autre chose qui l’attirât chez eux. Mais, bien plus encore, elle a fait quelque chose d’exceptionnel dont je ne l’aurais jamais crue capable. En effet, sans que personne ne le lui ai soumis, elle a consenti d’elle-même à ouvrir la bibliothèque du manoir à tous les étudiants et professeurs de Heidelberg. Vous rendez-vous compte ? La bibliothèque privée des Friedingen à laquelle elle tient tant et dont elle a si peur que les livres s’abîment ! Vraiment, je n’en reviens pas. Moi qui la considérais comme une telle égoïste, inutile de dire que je me sens bien honteux à présent. Bien évidemment, la bibliothèque sera ouverte jusqu’à ce que tous les ouvrages aient été réimprimés à destination des bibliothèques sinistrées, mais, même sans cela, son acte reste exemplaire. Bref, vous devez douter que mon confort solitaire m’a quitté maintenant que tout ce monde partage mon plaisir. Dans tout cela, la vie m’est tout de même devenue agréable ici, bien que ma tante s’évertue toujours à annoncer son lever avec cérémonie, au plus grand étonnement des étudiants par ailleurs. Même avec un étage en moins, elle ne changera pas, voilà au moins une certitude. Je commence pourtant à croire Gaston quand il m’affirme voir en elle la générosité débordante personnifiée, comme il le dit si bien. Ou ne montre-t-elle ses livres uniquement que pour épater la galerie ? Je vous laisse juger, pour ma part, j’en m’en garderais bien.
 

Chère mère, je vous embrasse.      
 
Anatole                                  
             
 
 
 
P.S. : Récemment, j’ai fait la découverte d’un poème fort amusant, qui finit comme suit :
           
               « Qu’il fleure le cuir ou le dur labeur
               Si tant est qu’il est un moyen de vivre ;
               Que ce soit d’élégance ou d’épaisseur,
               A chacun sa façon d’aimer les livres ! »                                                                     
 »  
     
_________________
"Vous ne savez, les Déesses pleurent, En la haute tour leur espoir se brise.
Leur joue de nâcre luit encore, chère soeur, Du sillon se figeant dans la bise..."

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Elstrom
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MessagePosté le: Jeu 11 Fév - 23:10 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Bravo!Ton texte est merveilleux,dailleurs je l'est devoré . En plus la tante a les même yeux que lynou ^_^.continue comme sa et bonne chance pour tes prochain écrit.
_________________
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Eindel
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MessagePosté le: Sam 20 Fév - 14:41 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Merci beaucoup Elstrom, ton attirance pour mes écrits, même quand ils sont interminablement délirants, me touche au plus haut point! L'Allemagne est la nation que je chéris dans mon coeur, elle m'est très importante, et je suis donc content que tu aies apprécié cette fiction "historique" au même titre que les autres.

Pour ma part, j'espère ne jamais te décevoir et j'emploierai toutes les ressources dont je dispose pour arriver à cette fin! A bientôt! ^^
_________________
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Eindel
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MessagePosté le: Lun 15 Mar - 01:28 (2010)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Et voici en exclusivité un poème tout chaud, ou plutôt tout frais vu son contenu... Et sans plus de fioritures, bonne lecture! ^^

_______________________________




Le Lys d'orage
 

 
 
 
Sous un ciel lesté de nuages 
Lourds et branlants dans leur cortège’ venteux, 
Somnolait la chaumière sage 
Qui craquait mollement rien que pour eux. 
 
 
Eux n’étaient qu’une’ frêle vieillarde, 
Vêtue d’un mantelet en peau de deuil, 
Son pot de fleur à la rambarde 
De la fenêtre et le lys sur le seuil. 
 
 
La fleur toujours s’emmitouflait d’azur 
Le front haut, belle et digne’ nommée Altesse, 
Muette aux larmes âgées qui murmurent : 
« Quand t’envoleras-tu au loin, tristesse ? » 
 
Mais la belle’ ne répondait qu’à l’orage, 
Et, tendant son cou gracile au dehors pluvieux, 
Contemplait son royaume, et l’éclair rage ! 
Qui diaprait l’horizon d’un lavis sentencieux. 
 
« D’abord, dit-elle, naissait la frêle primevère, 
Qui s’épanouit en rose, abondante ou seule ;  
Soudain…! Sur la pente les colchiques amers ! 
Et enfin, par brassées, s’exhument les glaïeuls… » 

_________________
"Vous ne savez, les Déesses pleurent, En la haute tour leur espoir se brise.
Leur joue de nâcre luit encore, chère soeur, Du sillon se figeant dans la bise..."

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