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Mes Fictions
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Eindel
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Inscrit le: 03 Juin 2009
Messages: 51
Localisation: Tour des Mordorés

MessagePosté le: Lun 29 Juin - 15:23 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Eh bien, me voilà enfin avec ma pelletée de fictions et autres poèmes. Avouez que vous avez attendu ce grand jour avec impatience hm? Mais je vous rassure maintenant, vous pouvez arrêter les somnifères car je vais vous faire profiter dès aujourd'hui de mes petits écrits. ;p

Sans rire, c'est vrai que j'avais promis de vous faire partager quelques-unes de mes compositions il y a un petit moment déjà. Mais bon que voulez-vous, quand le destin et ma paresse inextricable s'en mêlent, il n'y a rien à faire. Et mieux vaut tard que jamais, dicton que j'emploie hélas assez fréquemment ces derniers temps.
Mais trêve de blabla, vous n'êtes pas ici pour m'écouter déblatérer comme je sais si bien le faire (à vos dépends huhu X'3) après tout! Alors je commence avec les trois poèmes que j'avais promis à Morasse et que je ne lui ai jamais envoyé, à ma courte honte... Ces poèmes étant relativement récents, vous pouvez d'ores et déjà vous faire une petite idée de ce dont je suis capable. J'espère qu'ils vous plairont et si jamais vous n'êtes pas réceptifs à la poésie (ce que je conçois tout à fait) je poste une fiction en prose juste en-dessous, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, toutes les critiques -en bien comme en mal- sont les bienvenues!



Poèmes Crépusculaires

 
Etoile de Nuit
 
 
« En ce Ciel, nocturne, se déverse l’Espoir
D’une douce caresse ;
Humides sont mes yeux, d’ambres, miroirs
D’une scintillante tresse. 
 
Ses cheveux renvoient, d’argent, l’éclat de la Lune,
Demi-sourire figé de tendresse.
Je m’enivre, cœur battant, du souvenir de jolies dunes,
Qui ondulent son corps et le blessent.
 
 
Mon teint blêmit, je m’abandonne à l’ultime tristesse ;
Une feuille lentement chute.
Ses mains de glace peu à peu m’échappent, s’affaissent ;
En Elle plus rien ne lutte.
 
 
Le Vent te murmure encore de suaves promesses ;
Les Etoiles pleurent et ta fin illuminent,
Plus jamais sur tes lèvres je ne pourrais lire la liesse.
Douloureusement mon Amour s’éteint, et me ruine… »
 
 
***


La Reine de Glace
 
 
« En un Royaume lointain, que nul jamais ne franchit,
Vivait une Reine, d’une Beauté à nulle autre pareille ;
Sise sur son trône, élevé parmi les cimes blanchies,
Les frimas portaient sagesse et victoire à son oreille. 
 
Ses yeux perçants avaient l’éclat de la Glace,
Son cœur était froid, fier, mais fugace.
Les chantres composaient des louanges, passionnés
Par cette Reine, que nul ne pouvait approcher.
 
 
Elle régnait seule, parmi les brumes retirée,
Commandant à la tempête depuis la montagne.
On la disait cruelle, sublime, mais éthérée ;
Les vents portaient sa voix emplie de hargne.
 
 
Dans le Berceau de l’Hiver, les jours s’écoulaient ;
Puissante, la Reine tenait le monde en sa main.
Quand les gelées étaient, déferlaient ses soldats d’airain ;
Quand le froid venait, des royaumes entiers s’écroulaient.
 
 
Cependant, alors que fleurissait le printemps,
Une fois que toute terre à son Empire appartint,
Le soleil vint caresser son cœur pur et vaillant.
Marquée de sa destinée… le Crépuscule succède au Matin.
 
 
Las et triste, son pâle sourire illumina son visage ;
Tout était conquis, tout était sien, la Vie se délasse.
Elle se retira, les neiges s’évanouirent du sommet sans âge ;
Ephémères, les flocons moururent sur son tombeau de Glace… »
 
 
***

 
Ode au Crépuscule
 
 
« Vivant parmi les nuages dans son palais de vermeil,
Le Soleil rayonne, éblouit ; et finit par s’éteindre.
Sa Reine doucement fredonne, contemple son sommeil,
Et déroule les zéphyrs ; puis les fait s’étreindre. 
 
Le Crépuscule, prince mordoré, gémit dans les cieux ;
Il incise un point chaud, éploré, par-delà les volutes.
Son sang, écarlate, se déverse sur la voûte bleue
Et par flots emplit sa tombe dans laquelle il chute.
 
 
Sur ses joues coulent ses larmes rosées,
Et dévalent les collines teintées d’incarnat ;
Sa beauté déclinante culmine sur les faîtes boisés.
L’eau du lac miroite, oscillante, ses yeux grenats.
 
 
Enfin l’immensité se tait, et se glisse dans le silence.
Quelques faisceaux s’attardent, embrasent l’horizon,
Et déposent dans l’herbe leur ultime frisson.
Le Soleil, Roi déchu, esquissait son ultime révérence… »
 
 
 
 
 


Et voici maintenant ma fiction, que j'ai écrite il y a tout juste 2 semaines pour un concours de fanfics. Le thème était: l'Italie (très vaste je sais X'3). Autant vous dire qu'avec mon style, j'ai eu un mal fou à respecter la limite de taille qui était de 4 pages Word. Mais dans un sens heureusement pour vous, car comme ça elle n'est pas trop longue pour une première. *crève*
Bref, avant de vous la faire lire, j'aimerais apporter quelques indications. Le titre, "La Tempesta di Mare" est en fait le nom d'un concerto de Vivaldi (celui qui a composé les 4 saisons ^^), je n'ai pas écrit cette fiction spécialement par rapport à cette musique -quoique, le deuxième mouvement peut-être-, mais si vous voulez, vous pouvez l'écouter ici por vous forger votre propre idée: 1er Mouvement / 2ème Mouvement / 3ème Mouvement

Voilà, c'est tout ce que je souhaitais dire, bonne lecture à vous! J'attends vos commentaires avec impatience. ^^^


La Tempesta di Mare


Lac de Côme, année 1817.

- Fabrizietto ? demanda une petite voix enfantine.
- Qu’y a-t-il, Isabella ? répondit une voix plus grave.
- Vas-tu enfin me dire pourquoi on fait une promenade maintenant ? Je n’en avais pas vraiment envie…
Fabrizio riva son regard bleu acier sur la fillette assise en face de lui. Malgré son jeune âge – elle n’avait jamais que douze ans – Isabella était déjà affublée d’une longue robe de couleur ocre garnie de dentelles colorées à la mode de la Cour, qui lui donnaient l’air d’une poupée plutôt que d’une enfant élégante. Les fanfreluches lui serraient les coudes et sa peau douce qu’on lui avait mis en tête de maintenir laiteuse. Ses courbes naissantes, qu’on pouvait à peine deviner, étaient engoncées dans leur carcan corseté, la forçant à s’embarrasser d’un éventail afin de ne pas tomber en pâmoison à cause d’un défaut de respiration. Pourtant, sous son ombrelle de laine et son petit chapeau orné de rubans, se distinguait un visage des plus angéliques et des plus rieurs, quand bien même arborait-il une moue ennuyée pour le moment. La fillette avait les traits fins, des yeux verts d’une grande douceur emplis d’innocence et des cheveux d’un châtain soutenu entortillés en accroche-cœurs qui lui retombaient sur les épaules. Fabrizio ne put s’empêcher de trouver sa sœur ridicule, tant ces atours de grande dame qu’elle s’employait à bien porter contrastaient avec ses épaules frêles et la candeur juvénile qui brasillait dans son regard. Mais ce ridicule ne lui prêtait pas à rire ; non, il n’en concevait qu’un profond dégoût.
- Mère a dit qu’il n’était pas bon de sortir si tard et je suis sûre que la nuit va arriver bientôt. Il commence à faire un peu froid en plus… fit-elle sur un ton apathique, comme si elle récitait sa leçon. Fabrizio, ce n’est pas convenable.
Ou n’était-ce pas plutôt une grande lassitude ? Fabrizio soupira et suspendit son geste. Convenable ? Voilà un mot qui illustrait parfaitement ce qu’il pensait des manières que leurs parents s’entêtaient à inculquer à leur fille, qui avait imité les paroles exactes que lui assenait sa mère lorsqu’elle le réprimandait. A son âge, elle devait déjà tout connaître de l’attitude qu’on se devait d’avoir en présence d’autres nobles, elle devait apprendre l’étiquette en vigueur à la Cour de Milan, elle devait apprendre le latin, à jouer d’un instrument et même à répondre de façon « engageante », comme le répétait sa mère, aux Signori qui daignaient lui adresser la parole ; une autre façon de dire qu’en tant que fille issue de la noblesse italienne, elle devait apprendre à plaire aux hommes en vue de la meilleure des unions possibles.
- Cette promenade fera le plus grand bien à votre teint, Signorina di Sanseverina, répliqua-t-il d’une voix mordante. Je vous trouve un peu pâle, en vérité.
L’ironie de cette considération laissa le jeune homme un instant songeur, puis l’amertume finit de le gagner complètement. Il jeta un regard alentour alors qu’il sentait une étrange faiblesse lui embrumer l’esprit, comme s’il allait bientôt s’assoupir. Ils se trouvaient au beau milieu du lac de Côme, dans une solide barque de pêche qu’il avait prise dans la précipitation, loin des esquifs empesés d’ornements baroques et de guirlandes de fleurs que se vantaient de posséder ses parents. Les eaux bleues étaient parsemées de fines ridules, annonciatrices d’un orage à venir, tandis que les hautes montagnes verdoyantes les surplombant se nappaient peu à peu d’un gris froid et monotone. La distance qui les séparait de l’autre rive était encore grande ; peut-être trop grande pour un simple canotier ? Cette traversée semblait particulièrement interminable…
Fabrizio chassa cette pensée de son esprit et se ragaillardit soudain par la seule force de sa volonté. Il reprit les rames et les plongea dans l’onde, forçant l’embarcation à fendre de nouveau les vaguelettes et à avancer, seule, au milieu du grand lac vide.

Isabella dévisagea son grand frère d’un air contrarié. Quelle mouche l’avait donc piqué ? La jeune fille s’éventa pour dissimuler ses émotions, comme on le lui avait appris, quoique avec un peu trop d’énergie. Il faisait très chaud en cette fin d’été, l’air était moite, et, conjugué aux embruns qui se soulevaient depuis la surface du lac, il achevait de détremper sa si belle robe qui avait coûté une véritable petite fortune. Que dirait mère en la voyant ainsi ? Elle s’énerverait à coup sûr et se plaindrait d’avoir une telle empotée pour fille, comme elle le lui répétait souvent, excédée par sa maladresse. Il ne faisait même pas beau en plus ; de lourds nuages gris se pressaient contre les massifs alpins comme un troupeau de mauvais augure et menaçaient à chaque instant de dévorer les nuées blanches qui couvraient actuellement le ciel au-dessus d’elle. Avec une grimace, elle sentit à nouveau les relents de poisson qui s’exhalaient du plancher de la barque lui agresser les narines. « Tout me nuit et conspire à me nuire », morigéna-t-elle intérieurement en se rappelant la scène que sa préceptrice lui avait lue ce matin d’une pièce anglaise. Ou était-ce une pièce française ? Elle fronça les sourcils ; elle ne le savait plus.
Son regard d’enfant agacé s’attacha sur le frère qui lui avait valu tous ses soucis, et se mua tout aussitôt en un regard d’inquiétude. Fabrizietto, habituellement si bien portant, présentait des signes de fatigue évidents et une pâleur qu’elle ne lui avait jamais connu – sauf peut-être lorsqu’il était très malade. Ce frère grand et fringuant de dix-sept ans, embelli par son veston bleu nuit, son pantalon de velours beige et l’écharpe de flanelle blanche qui venait tomber sur sa poitrine, lui sembla soudain plus avachi, comme s’il allait s’effondrer à tout moment. Il ramait cependant avec vigueur, l’air imperturbable comme un roc, pour leur faire rejoindre l’autre rive, même si elle ne savait toujours pas ce qu’il lui réservait. Peut-être était-ce une surprise, et qu’il ne voulait rien lui dire ? Son expression résignée lui affirmait le contraire.
Aujourd’hui, son frère n’avait pas pris son chapeau, alors qu’il ne s’en séparait jamais d’ordinaire. Il n’avait même pas pris la peine de prendre un bateau plus confortable après l’avoir fait plus ou moins courir dans les couloirs de leur villa en bordure du lac pour une « promenade amusante ». Voilà qui ne lui ressemblait pas. Ses cheveux blonds étaient ébouriffés par l’action du vent qui se levait, et ses yeux bleus étaient mi-clos ; on eût dit qu’il allait s’endormir sous peu. Comme si…
- Fabrizietto ? s’enquit Isabella d’une voix craintive.
Le jeune homme rouvrit subitement les yeux et se redressa. En voyant l’air anxieux de sa sœur, il prit l’air le plus vigoureux possible, et lui adressa un sourire plein de sympathie. Bien entendu, il n’en voulait en rien à sa sœur : elle n’y pouvait rien. Il l’adorait, elle et sa franche naïveté, et souhaitait de tout son cœur la voir s’épanouir – loin de tous ces faux-semblants et autres courbettes.
- Ne t’inquiète pas, Isa, nous sommes bientôt arrivés. Je suis juste un peu fatigué, la nuit a été courte.
Bien que la rive, grisée par la distance, affirmât le contraire de ce qu’il prétendait, la jeune fille se sentit plus confiante. Elle rendit son sourire à son frère en l’entendant prononcer son surnom. Il s’était écoulé un temps depuis qu’il ne l’avait plus appelée ainsi sur un ton aussi affectueux, et cela lui avait manqué. En fait, c’était depuis qu’elle avait commencé à prendre toutes ces leçons ennuyantes que Fabrizio se montrait distant avec elle. Isabella l’avait entendu se disputer une fois avec mère à ce propos, mais celle-ci disait que c’était pour son bien, et que pouvait-elle faire d’autre sinon obéir ? Il devait l’avoir compris, lui aussi. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire franc et joyeux : son frère pensait la même chose qu’elle, même s’il ne le montrait pas.
Pour Isabella, Fabrizietto était comme un grand gâteau : à l’extérieur, il pouvait paraître froid et dur, comme le glaçage lisse et croquant qui enrobait les pâtisseries qu’on mangeait au goûter ; mais à l’intérieur se nichait une génoise onctueuse et fondante, pareille au cœur tendre et aimant de son frère, qui ne manquait pas de ravir une fois découverte.
La jeune fille s’apprêtait à répéter cette trouvaille amusante à son frère, sous peine de se voir reprocher son « imagination frivole », ainsi que le disait sa préceptrice, quand elle le vit à nouveau s’assoupir à son plus grand effarement. Ses gestes las ne produisaient plus que des moulinets infructueux dans l’eau obombrée du lac. Le sourire se figea sur les lèvres d’Isabella tout comme ses paroles, et ils disparurent tous deux.
Une brise glaciale créa soudain des remous dans l’onde habituellement si calme et fit tanguer dangereusement la barque. Isabella sentit la chair de poule lui remonter le long des bras alors qu’elle observait le ciel se faire happer par la masse de nuages noirs qui l’enténébrait. Elle lâcha son éventail et s’agrippa de toutes ses forces au rebord de la barque pour se rassurer – en vain ; puis, considérant son frère et son teint livide, elle se retint à grand-peine de venir s’agenouiller à ses pieds pour enfouir son visage contre ses jambes. La crainte prit alors l’ascendant sur l’assurance, et elle bredouilla la première chose qui lui vint à l’esprit pour insuffler un peu de présence à ce grand espace désolé :
- Fabrizietto, j-je vais rater ma leçon. Vite, rentrons… rentrons, sinon Herr Meister sera très fâché, fit-elle, les yeux embués de larmes.

Fabrizio se réveilla au seul nom de « Herr Meister » et se laissa gagner par une rage indescriptible qui le débarrassa instantanément de sa fatigue. De nouveau, il saisit les rames et pagaya avec une fougue subite, inspirée par le courroux qui le submergeait tout entier. Les Autrichiens ! Sa langue se couvrit d’un dépôt de cendres sures à leur unique évocation. Ces Autrichiens qui avaient conquis leur pays, leur Lac de Côme depuis si longtemps déjà, et qui se targuaient d’apprendre les bonnes manières aux habitants qu’ils opprimaient ! Et sa sœur, comme lui-même, qui devait maîtriser l’Allemand pour pouvoir un jour espérer briller aux yeux d’un lointain Empereur, empêtré dans le faste de Vienne, qui ne se souciait même pas d’eux ! Chaque jour, le « Herr Meister » venait leur donner la leçon avec cet air condescendant qui signifiait, entre autres marques de mépris, qu’ils ne pourraient jamais aspirer à rien d’autre que baiser les bottes de la petite noblesse autrichienne présente en Italie qui faisait bonne chair dans ce pays ployant pitoyablement l’échine devant l’envahisseur.
Assez ! Une envie de meurtre irrépressible comprima la poitrine du jeune homme, en même temps qu’un profond désespoir. Trop longtemps l’Italie avait cédé et s’était résorbée à moins que rien, comme un petit animal qui se recroquevillerait, tétanisé, devant son prédateur. Depuis trop longtemps ce pays de soleil et d’art avait été étouffé par le joug autrichien ou espagnol. La fierté s’était tue pour faire place à l’hypocrisie, à un vain orgueil et à une lâcheté sans nom ; aujourd’hui, il n’en restait que des miettes. Même les doges de Venise et les électeurs de la République de Gênes en leur temps n’avaient été que des fantoches à la solde des Habsbourg, trop occupés à sombrer dans la débauche pour éveiller leur peuple qui ne croyait plus en la liberté. Même l’Aigle de France, Napoléon Ier, qui avait délivré l’Italie avait été balayé par l’ordre ancien, entraînant les idéaux ravivés dans sa chute. Le sursaut d’espérance qui avait étreint les cœurs n’avait été qu’éphémère ; le drapeau était en berne et la complaisance flagorneuse avait ressurgi de son cimetière d’immondices. Que restait-il de l’Italie rayonnante de Michel-Ange et de Raphaël ? Un sourire amer se dessina sur ses lèvres. La réponse, il ne la connaissait que trop bien, car il l’avait sans cesse devant les yeux : des ruines. Oui, des ruines, et c’était à peine si elles fumaient encore.
Pourtant, Fabrizio avait voulu y croire. Il avait voulu se battre, il avait secoué les chaînes qui retenaient tous les siens dans la passivité. Cette nuit même jusqu’au petit matin, il avait participé à la rébellion qui avait ébranlé Côme. Il avait espéré changer la situation, combattre pour de nobles idéaux et même refouler les Autrichiens hors de sa ville ; l’enthousiasme avait littéralement embrasé son âme l’espace d’une soirée, ou plutôt d’un espoir. Mais l’émeute n’avait été suivie que d’une poignée d’hommes à peine. La garde autrichienne, mêlée à la milice employée par les nobles, les avait réprimés dans le sang sous le regard torve des habitants à leur fenêtre, qui assistaient au massacre des leurs sans réagir. La rébellion libératrice qu’il avait tant espéré n’avait été qu’une chimère fugitive, et presque tous les insurgés avaient péri. Il avait mené le combat au nom de la justice et des siens, et pour quoi ? Pour un coup de baïonnette au flanc.
Alors, faisant fi de la douleur et de la déception, il s’était armé de sa hargne et était parvenu à s’échapper dans l’agitation ; il avait glissé entre les mains de l’oppresseur pour se réfugier chez lui aux premières lueurs de l’aube et avait soigné lui-même une blessure qu’il considérait comme bénigne. Il avait été abattu, bafoué et foulé du pied par ses ennemis, mais il n’entendait pas se laisser tout enlever.

Désormais, Fabrizio ramait sur le lac de Côme et se sentait vidé de ses forces. Bien qu’il ne ressentît plus rien, il croyait que la barque voguait toujours sur le chenal de la délivrance à la seule force de ses bras ; cette idée l’animait. Il sentit pourtant quelque chose céder sur son côté à la suite d’un mouvement particulièrement violent, comme si quelque chose se décousait en lui. Mais si cette chose partait bien en lambeau, peu à peu flétrie, il n’en conçut nulle douleur. Fabrizietto, pénétré par une immense quiétude, leva alors le regard vers sa sœur pour discerner son sourire et hoqueta en ne la voyant plus assise à la place où elle s’était tenue ce qui lui semblait quelques instants plus tôt. Sa vision était floue, étrangement voilée, et il ne parvenait plus à distinguer nettement au-delà de quelques mètres. Il voyait seulement un paysage unanimement gris, comme si le ciel et les eaux agitées du lac s’étaient fondus en un seul élément de monotonie. Au fond, les massifs alpins barraient l’horizon de leur imposante stature et ceinturaient le lac, plus sombres que le reste. Le vent sur sa peau était frais, mais l’air avait quelque chose d’irrémédiablement oppressant. Puis, soudainement, il la vit. Sa réaction naturelle aurait été d’écarquiller les yeux, mais il n’y parvint pas. Un vide parfait de sensation l’enveloppait comme un doux manteau de fourrure. Il sentit pourtant la petite main de sa sœur, si blanche et si frêle, serrer sa main meurtrie. Les cris et les pleurs qui sortaient de sa gorge lui parvenaient sous la forme de murmures apaisants. Il savait qu’il aurait dû s’alarmer, se ressaisir et la réconforter, mais il ne pouvait plus s’énerver. La rage et l’amertume s’étaient estompées, et plus rien ne comptait à part… ramer. Il ramait encore, n’est-ce pas ? Il dévisagea sa sœur, et la trouva plus belle que jamais dans la spontanéité de son chagrin. Oui, il ramait, et sa sœur se tenait à ses côtés car elle espérait tout de lui. Il la mènerait à l’abri sur l’autre rive, loin des émeutes vaines et sanglantes, loin de ce monde perverti et désenchanté. Ils traverseraient des cols inconnus ensemble, ils iraient d’abord en Suisse, loin des Autrichiens, puis en France et connaîtraient la liberté et la félicité auprès de Napoléon – car il n’était pas mort, ce n’était pas possible : l’Aigle vivait toujours et les scrutait de son œil flamboyant.
Le regard de Fabrizietto s’éteignit. Son corps s’affaissa puis laissa échapper un long soupir, mais un sourire confiant fleurissait toujours sur ses lèvres. L’écharpe de flanelle blanche se balançant doucement sur sa poitrine avait éclos de rouge tels des pétales de passion. Le sang qui se déversait de son flanc avait maculé d’illusions infécondes son beau veston couleur de nuit. L’âme en paix, le jeune patriote ferma les yeux, l’image du visage resplendissant de sa sœur dansant contre ses paupières closes. Fabrizio avait atteint l’autre rive.
Un grand cri de douleur entrecoupé de sanglots déchira brièvement l’air vespéral, avant d’être ravalé par les propres pleurs du ciel, qui martelaient l’onde de leurs multiples impacts éphémères.

Au milieu de la tempête, au milieu du lac, une barque dérivait seule et se laissait engloutir.
Une ombrelle tournoyait, tête renversée, sur les eaux ivres parmi les vagues, et accusait la destinée…
L’Autriche, la lâcheté et la vicissitude avaient écrasé l’Italie sous leur botte.
_________________
"Vous ne savez, les Déesses pleurent, En la haute tour leur espoir se brise.
Leur joue de nâcre luit encore, chère soeur, Du sillon se figeant dans la bise..."

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MessagePosté le: Lun 29 Juin - 15:23 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Misukage
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MessagePosté le: Lun 29 Juin - 16:01 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

gg Eindel moi j'ai des ptites compos à moi
dit moi ce que t'en pense Okay

Je viens d'acheter une belle jument
C'est un animal épatant
Ma bête
Tout l'monde dit qu'elle l'poil soyeux
Et le tempérament nerveux
Ma bête
Il faut la prendre par le bon bout
Mais j'peux dire qu'elle me suit partout
Ma bête
Quand les femmes la regardent passer
J'peux pas l'empêcher de s'dresser
Ma bête

Elle marche la tête en avant
Et toujours prête à rentrer d'dans
Ma bête
Elle n'a pas d'écart malheureux
Et n'connait que le juste milieu
Ma bête
L'autre jour un ami m'a dit
Y'a pas d'erreur elle est jolie
Ta bête
La mienne est un peu fatiguée
Pour un coup, veux tu m'la prêtée
Ta bête

L'autre soir sortant d'un coin très chaud
Elle a pris un rhum de cerveau
Ma bête
Fallait voir comme elle baissait l'nez
Elle en était toute retournée
Ma bête
Je l'ai soignée comme un enfant
Elle a bu des médicaments
Ma bête
Mais maintenant par précaution
J'la coiffe d'un petit capuchon
Ma bête

Un d'ces jours quand j'la sortirai
Mesdames je vous la montrerai
Ma bête
Surtout faudra pas m'la serrer
Vous risqueriez de m'l'étrangler
Ma bête
Si parfois pour vous amuser
Gentiment vous la caressez
Ma bête
Elle sera douce comme un Jésus
Vous pourrez vous asseoir dessus
Ma bête...
_________________
GO WIPE !!!
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Morasse
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Messages: 28
Localisation: bas rhin ( 67 )

MessagePosté le: Ven 10 Juil - 13:28 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Chose promise , chosue due . voila Eindel j ai lu tes poeme et ton texte avant que tu parte en vaccances . Je ne suis pas tres grand fan des poemes et tous mes cela je les aient lu jusqu'au bout . je trouve tes rimes nobles et fort symphatiques ( je sais pas si ca se dit mais bon c est ce que je pense ) .Mais bon ... ques tu attend maintenant pour nous sortir un best seller ! lol

En tous cas je te souhaite bonne vaccances reviens nous vite !



Ps . Hummm Misu c est pas mal dans le genre mais t aurais pu mettre des photo avec mouhahahahah , connaissant Nao elle doit penser pareil ...
_________________
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Misukage
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Messages: 179
Localisation: Haute-Savoie

MessagePosté le: Mer 15 Juil - 11:02 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

ben voila la photo MOMO Mort de Rire



Impressionant n'est ce pas ?
_________________
GO WIPE !!!
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Eindel
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Messages: 51
Localisation: Tour des Mordorés

MessagePosté le: Jeu 30 Juil - 20:45 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Hey merci Momo pour tes compliments et tes encouragements! Je suis ravi que mes poèmes et ma nouvelle t'aient plu après tout ce temps où je t'avais promis de te les montrer et que je ne l'ai pas fait. ;p Des rimes nobles et sympathiques? Oui ça se dit, pourquoi pas après tout? ça me va droit au coeur en tout cas et je prends ce compliment à sa juste valeur sois-en sûr, pas de chichi de puristes étriqués entre nous! Merci du fond du coeur, sache que je continuerai! ^^

Et je vois qu'une certaine boudoire avinée et paresseuse n'est toujours pas passée, hm? Crolala, c'est pas bien cha. Rhooooo.

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Elvarya
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MessagePosté le: Lun 3 Aoû - 21:43 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Tu m'as demandé ce que j'ai pensé de tes écrits, alors voilà:

Pour la fiction, j'aime ta façon d'écrire... C'est très détaillé, et pourtant ce n'est pas lourd.... En général je zappe les longs morceaux descriptifs, et là je me suis surprise à tout lire ^^  Même tes phrases à rallonge sont bien tournées et on est pas obligé de les relire 3 fois pour comprendre de quoi ça parle...
Sinon que dire d'autre... J'ai aimé, point. Okay

J'ai hâte de lire tes nouvelles et ta fiction de 115 pages (mais je ferais ça à petite dose, lire tt ça sur un écran va fatiguer mes pov' petits yeux^^)

Pour les poèmes, c'est très bien écrit aussi, mais j'ai jamais été fan de poésie alors mes commentaires s'arrêteront là.

Sinon merci pour les suggestions de bouquins, je vais enfin arrêter d'errer dans la médiathèque en ne sachant plus quoi choisir, tout ça pour finir par repartir avec un truc que j'ai déjà lu 10 fois Mr. Green ..... Maintenant il va falloir que je décide par lequel commencer....

Biz biz ++
_________________
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MessagePosté le: Ven 20 Nov - 15:20 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Voilà donc en exclusivité forumesque la fiction que j'ai écrite pour le deuxième tour du concours auquel je participe actuellement, et qui m'a valu un beau petit 17/20 (j'avais obtenu 18,75 pôur La Tempesta di Mare pour info :3)! Cet écrit, qui devait s'articuler autour du thème "décrivez l'horreur de la guerre" et tenir en 5 pages, s'intitule Les Gardiens de la Bataille. J'avais essayé d'établir un récit contrasté par différents points de vue, le tout dans le cadre d'une bataille que j'aime particulièrement, et c'était une bonne idée je pense, mais je ne suis pas satisfait du résultat effectif en vérité...
Bref, lisez si ça vous chante (enfin surtout toi mon Elvanichoute adorée <3) et n'hésitez surtout pas à dire ce que vous en pensez, c'est même tout ce que j'attends! Bonne lecture.



 
Les Gardiens de la Bataille      
 
 
 
      « Rien ne peut me sauver, rien ne peut me vaincre. Je meurs et ressuscite en un cycle éternel qui ne laisse pas de place au répit. Ni défaite, ni victoire : je suis figé dans le temps, et dévisage les abysses vomissant des lumières anuitées. Toutes ces lueurs, toutes ces ombres qui se présentent devant mon regard vide, moi seul peux les voir. Elles sont secrètes, elles dansent dans le creux d’un appeau de folie, se soulevant –muettement- de note en note, et retombant aussitôt. De loin en loin, ces lumières floues m’interrogent, mais ne souffrent pas de réponse ; elles disparaissent. Les ombres se jettent sur elles comme des prédatrices affamées et les déchiquètent, créant des lambeaux épars et flageolants d’une iridescence malsaine. Elles flottent devant moi, fébriles, et s’échappent dès que je souhaite les attraper. Alors je contemple leurs sursauts, je les console intérieurement, et mon silence les achève. Le silence, toujours le silence… Je suis sourd – sourd aux cris et aux pleurs, sourd aux joies et au bonheur. Rien ne saurait m’extraire de la douleur.      Un jour, j’ai vu une autre couleur que le gris, autre chose que des ombres noires et des lumières blanches en gestation – ou en guerre, à votre guise. C’était ce que d’autres nomment « rouge ». C’est une couleur longue, flasque et épaisse, qui s’étire en bandeaux infinis comme la nuit ; et tout aussi insondables, m’a-t-il semblé. Connaîtront-ils l’achèvement ? Ont-ils seulement une destination, ces bandeaux ? Je crois qu’ils me ressemblent : leur écoulement est perpétuel, sans but, sans futur, mourant goutte à goutte dans un puits sans fond, s’abandonnant à l’appel de l’abîme ; il y a aura toujours un successeur qui se précipitera à son tour. Mais, contrairement à moi, ces bandeaux de rouge chutent et ne peuvent ressurgir, même quand ils me dégoulinent dessus. Moi, je suis suspendu – suspendu entre vie et mort, mort et vie, incessamment. Je n’ai ni passé, ni futur ; chaque instant s’étend et se rétracte, et meurt, et engendre un autre instant qui lui sera identique.      Ce que je vois, ce que je sens, ce que je ressens, se perd en échos indistincts dans les méandres d’un temps filiforme. Ma vie saccagée a été gravée à coups de burin dans ma chair meurtrie, sans que je puisse me la rappeler. Je ne peux bouger, mais je vois. Je suis attaché par des fers qui m’entaillent la peau, je suis enraciné. Cloué contre mon cercueil invisible, je suis écorché vif. Mon sang s’est depuis longtemps écaillé, et a séché sur tout le long de mon corps. Je sais ce que souffrance veut dire, et j’imagine parfaitement ce qu’elle inflige. Mais malgré toutes ces heures d’affliction, de supplice, tous ces pans de chairs arrachés et ces fluides écoulés, je ne peux ressentir la douleur. On me dit indifférent ; je ne suis qu’exsangue. On m’éviscère, on m’écartèle ; tout est éphémère, rien ne m’interpelle.
      Alors, suspendu, sourd, détaché, j’observe le monde dans toutes ses formes pendant qu’on me voue à de nouveaux tourments. Rien ne m’attend et je n’attends rien ; j’imagine toute la douleur de toutes les époques. N’est-il pas pire de ne rien pouvoir éprouver alors que la souffrance est inscrite en nous, au plus profond ? Je suis le Chêne. – Je suis le Torturé. »


      « Mais voyez plutôt… »


      - Ô pur des purs, celui que l’on nomme « Grande Maison », l’aimé des Dieux, nous implorons ton pardon. Nous nous jetons à tes pieds et nous soumettons à ton jugement parfait. Dis-nous que faire, et nous l’accomplirons aussitôt pour toi.
      Deux hommes vêtus de cuirasses de cuir se prosternèrent devant un troisième homme qui ne leur ressemblait en rien, si ce n’est la couleur de la peau. Le teint hâlé, les traits durs, il portait une étrange couronne rouge et blanche, en plus d’un collier d’or serti de lapis-lazulis et d’un pagne de lin blanc. Il surplombait de toute sa grandeur ces deux pauvres hères qui embrassaient le sol et s’humiliaient pour entrer dans sa grâce.
- Peu importe ce qui se produit en cet instant, seule la Plume de Maât pourra rendre jugement. Mais j’accepte et vous donne mon pardon. Qu’avez-vous à me dire ?
      Un soldat à la droite du grand homme s’agita, à l’instar des milliers d’hommes cuirassés présents derrière lui, et chuchota anxieusement :
- Pharaon, tu ne peux les croire, ce sont des Bédouins ! Ils trahiraient leur propre mère… Je t’en conjure…
      Le monarque leva la main et fit taire son subordonné par ce simple geste. Les soldats s’apaisèrent également, tandis que les deux prisonniers semblaient terrorisés.
- Il ne peut rien arriver à Pharaon, le protégé d’Amon. Ecoutons ce qu’ils ont à dire, et laissons les Dieux décider de la suite. Ils s’assureront que leur fils vive.
      Le général hocha de la tête d’un air convaincu et recula de deux pas, laissant le souverain à l’avant des troupes comme il convenait.
- Alors, qu’en est-il ? fit Pharaon sur un ton incisif.
- Pharaon, nous te remercions, fit l’un des Bédouins dans un Egyptien à couper au couteau, crois bien que ta clémence ne sera pas oubliée. Ce que nous pouvons dire, c’est que Muwattali, l’empereur de ces lâches de Hittites, craint Pharaon et qu’il se trouve encore à hauteur d’Alep, tremblant dans sa forteresse.
      Pendant qu’ils se prosternaient à nouveau, Pharaon jeta un regard au commandant, qui s’empressa de commenter :
- Alep est à la frontière de l’Empire hittite, encore loin au Nord. Nous y parviendrons dans une semaine au mieux, si le temps se montre clément.
- Bien, fais atteler mes chevaux Victoire dans Thèbes et Mout est satisfaite à mon char, nous partons. Nous nous reposerons au pied de la forteresse de Qadesh, que mon père avait prise en son temps - puisse Seth nous accorder le même salut -. Les divisions de Rê, de Ptah et de Seth pourront alors nous rejoindre.
- Et que faisons-nous d’eux ? demanda le commandant en désignant les nomades du bout de son glaive en bronze.
- Nous les emmenons avec nous. En route !


      « Et la lente colonne s’anima, monstre rampant et fuligineux en quête d’une proie fraîche et tout aussi goulue qu’elle. Une marche vers la désolation, mortelle, impitoyable, et tellement assurée… Rien n’est plus atroce que la guerre, que ses cris et ses désastres. Rien n’est plus horrible que ces vies happées lors d’une bataille, si futile qu’elle se résorbe d’elle-même une fois son content de sang épongé. Que sont la gloire et l’honneur, rapportés aux mutilations qu’ils provoquent ? Tant de haine, tant de folie… C’est là ce que les hommes produisent de leur volonté propre, de leurs funestes envies. Cela seul contente leur cœur dans leur perversion. Toujours plus de batailles, toujours plus de morts, et cette estafilade qui court le long de la Terre mutilée ; cette blessure que chaque jour je pleure et qui lui cause tant de souffrance… Horreur, horreur ! Qui peut donc se vanter de posséder le monde, de faire danser chaque vie dans le creux de sa main, si ce n’est les Dieux – nos pères ? Les hommes, eux, pensent tous en ce sens et sans retenue, et le font valoir en amenuisant le nombre de ceux qui croient la même chose. Le sang est la seule monnaie qu’ils connaissent, avec laquelle ils corrompent terre, mer et ciel, toujours et encore, pour s’offrir de nouveaux débris…
      Qu’est-ce qu’un empire au regard du royaume céleste ? Qu’est-ce qu’une vie comparée à un seul des battements du cœur de la Terre ? Rien. Et cependant, partout larmes et sang se confondent, partout des ruines et partout la guerre… De ces infimes étincelles sont nés de gigantesques brasiers de consomption. De ces petits points du monde s’écroulent de toujours plus grandes surfaces, que leurs frères de race ont eux-mêmes cultivées. Lui labourant les entrailles de leurs lames furieuses, le monde gémit et se révulse. Leurs faux de cruauté tranchent son ventre généreux qui suppure. La vie, mise en jachère, doit-elle à nouveau fleurir et prodiguer ses merveilles alors que les hommes ne la vouent, à peine née, qu’au massacre ? Comment les Dieux peuvent-ils abandonner leur œuvre à ces êtres pleins de morgue qui n’aspirent qu’au néant et qui se repaissent de leur propre vice ? Pourquoi les choses doivent-elles demeurer ainsi ? Pourquoi… ?
      Cependant que j’adresse mes plaintes à ce ciel hermétique, je me remémore tout ce à quoi j’ai pu assister au cours de ma longue existence… Et de tous temps, en tous lieux, le constat est resté le même : Anéantissement, douleur. Moi qui connais le passé et qui le veille depuis tant de millénaires, je ne vois que trop bien l’amas de ruines qui s’est accumulé au gré des époques. Chaque soir, j’entends les appels déchirants de la terre, qui souhaite s’affranchir de tous ces maux. Chaque nuit, le ronflement sourd du sanglant bûcher à venir couve dans les reins des temples et des palais. L’éther grésille, un vent mauvais se lève, les eaux se déchaînent, et l’homme se recroqueville dans l’ultime respect des dieux qui subsiste en lui. Faiblesse, repentance… Mais dès que le soleil luit à nouveau, il s’agite et part en quête d’un nouveau flot de sang avec lequel se désaltérer. La Terre gémit…
      Alors je pleure. Je pleure, me tendant vers un lac de pureté que je ne pourrai jamais atteindre, je ploie et j’égraine mes complaintes, les confiant au vent. Personne ne m’entend ; personne ne veut m’entendre. Je pleure, mais je dois veiller. Je pleure, je veille au chevet d’agonie de la terre, qui tente vainement de retenir ses entrailles de ses mains vertes et bleues, qui se décompose. Je pleure, je désenchante, je pleure… Je suis le Saule. – Je suis l’Eploré. »


      « Je ne veux plus regarder… »


      - Pharaon, nous avons été trahis ! cria une voix affolée.
- Les troupes du Hatti, elles approchent ! Des centaines, des milliers ! Ils nous tueront tous !
      Des cris, et encore des cris. Le vent rapportait de la peur, de la terreur, même. La terre grondait comme un chien prêt à défendre sa progéniture. L’air était imprégné des remugles que seuls les hommes pouvaient produire : la haine, la colère, la faim, et une masse incroyable de violence toujours croissante, qui menaçait de tout engloutir.
- Ils doivent payer, ces fils de chacal ! persiffla un autre.
- Pour avoir abusé Pharaon, ces hommes seront fouettés jusqu’à ce que mort s’ensuive. Soldats, à vos postes ! Montrez que l’Egypte ne ploiera jamais l’échine, aussi perfide et nombreux l’ennemi soit-il. L’œil d’Horus est braqué sur nous et nous devons lui faire honneur. Puissent les Dieux nous accorder leur faveur… Soyez parés à accueillir le Hatti comme il se doit !
      Une grande clameur s’éleva, et l’odeur vira à l’assurance, mêlée d’angoisse et de soif de mort. Seul un fils d’Amon pouvait ainsi faire basculer le cours des choses, un Demi-dieu comme eux, les Gardiens. Cet homme, il le connaissait : on le nommait Ramsès II, Pharaon d’Egypte, ou encore « Protecteur de l’Egypte qui soumet les pays étrangers », « Celui engendré par Rê, Bien aimé d’Amon ». Il connaissait sa fougue et son envie de faire briller sa nation… au prix du sang.
- Par les Dieux, les autres bataillons doivent être encore si loin !
- Dépêchez des coursiers, vite ! Ces messages doivent parvenir aux bataillons dans la plus grande urgence, s’exclama Ramsès avec un calme admirable. Les bataillons doivent nous rejoindre le temps que nous nous défendions. Maintenant, partez !
      Quelque part dans le camp, deux hommes venaient de mourir dans la plus grande souffrance. Il entendit la terre gargouiller comme un ventre malade tandis que d’autres hommes, les mains ensanglantées, s’étaient apaisés. La tension vrillait l’espace ; l’air crépitait, s’alourdissant. C’était inéluctable, il sentait le regard de tous les Dieux rivé sur cet endroit précis du monde. Le silence pesa soudain sur la plaine comme si le monde s’était rendu subitement sourd. Mais bien sûr, c’eût été trop beau ; Cela allait commencer. Il ne voulait pas voir…
- Soldats, en position ! Ne fléchissez pas ! Préparez, arcs ! Tirez !
      Et l’air de siffler de centaines de flèches, et des dizaines de corps d’être transpercés, de s’affaisser lourdement en terre. Des traits déchiraient air et chairs continuellement, encochant dans leur sillage le temps qui s’était suspendu. Ne comptait plus que la bataille, que le carnage. La terre tremblait sous les pas des milliers d’hommes, fiévreuse. Puis vint le choc des armes et des corps, le retentissement insupportable des cris et le laminage des chairs. Tout n’était plus que violence et meurtre, tout n’était que folie furieuse. Le monde agonisait et…


      « Du sang, du sang et du sang ! Oui, encore, encore ! (Soupir de satisfaction.) Ah, qu’il est bon de se sentir revivre… N’écoutez pas les deux autres ennuyeux, ils ne savent pas. Par ailleurs, sous leurs dehors de sages érudits au discours parfumé, ils ne savent rien. Ah si, par contre ils savent nous assommer avec leurs jérémiades à la perfection ! Mais moi, je sais. Je sais que le sang est bon et je sais que le sang versé est ce qui fait avancer le temps en ce monde. La Terre ne souffre pas, non, elle jubile ! Tout comme moi, elle absorbe le sang et s’en délecte. Elle s’en abreuve, tout comme elle se fait une joie d’ingurgiter les restes de toute chose une fois que la mort les aura étreintes. Le monde est peut-être vert et bleu à l’extérieur, mais il revêt la couleur de l’écarlate à l’intérieur. Rien n’est plus beau, rien n’est plus exaltant que la guerre, l’événement durant lequel l’inertie est prise d’assaut, durant lequel le temps s’accélère ! Les batailles sont ce qu’il y a de meilleur. Que les armes s’entrechoquent, que les chars se fracassent, que les bâtiments s’effondrent, que le sang coule ! Qui ne s’en réjouit pas à part ces deux pleurnichards ?
      Dernière née des Gardiens, j’incarne le futur. Pour moi, le passé n’est que chose abstraite et le présent que demi-mesure. Seul le futur m’importe, et je n’existe que pour lui. Toutes mes pensées sont tournées vers l’avenir, cette chose fascinante, ce temps plein de surprises et de promesses ! Mes frères m’assènent à longueur de temps que je suis trop jeune et que je ne comprends pas, mais je crois plutôt que j’ai mieux compris qu’eux. Non le temps n’est pas égal, non le temps ne se répète pas, il n’est ni ligne droite ni boucle, mais oscillation et évolution. Mes frères sont trop vieux, trop desséchés, et n’ont foi en plus rien. Ne comprennent-ils donc pas que si nos pères et nos mères ne changent pas le cours des choses, c’est qu’il faut qu’elles restent ainsi ? Moi j’y crois dur comme fer, et même s’il devait en être autrement, qu’importe ! Cela me convient très bien.
      Quel autre événement pourrait ainsi faire bondir le temps et l’espace ? Que serait le monde sans ces guerres, sinon un morne ennui ? Aucun changement, aucun heurt, et la Terre léguée par les Dieux ne serait qu’une plate étendue régie par une lassitude incommensurable. Les hommes ne seraient que des animaux inintéressants qui répéteraient toujours la même chose au quotidien. Non, pour l’avenir, pour que le monde s’embrase et s’exalte, il faut des guerres! Je veux du combat, de la sueur, de la rage ! Je veux de la douleur, du courage, de la peur ! Je veux des cris, je veux que le monde sache qu’il est temps pour lui de se métamorphoser et soit ébranlé par une passion dévorante ! Je veux que la Terre engloutisse tout ce sang humain déversé qu’elle avait donné ! Je veux. Je suis l’Erable. - Je suis la Sanguinaire. »


      « Admirez donc le spectacle ! »


      Des centaines de soldats agonisaient déjà dans la plaine. L’imprenable forteresse de Qadesh les narguait, les regardant s’échouer à son pied impassiblement de son regard de pierre. Le reste des troupes de la division d’Amon défendaient tant bien que mal leur Pharaon, au prix de leur sang bouillonnant, de leurs membres, de leur raison… Galvanisées par la présence de ce Dieu vivant, elles parvenaient à résister à l’assaut massif des Hittites bien supérieurs en nombre. Avant la confrontation, ils avaient déjà décimé la division de Rê, qui, tentant de rejoindre son souverain, s’était faite prendre par surprise. Le sang qui s’écoulait par flots tachait de rouge la terre affamée. Une formidable énergie se dégageait de la plaine, comme si le temps ruait dans son harnais éthéré. Malgré toute la bravoure et la rage dévastatrice des Egyptiens, le Hatti les faisait ployer et gagnait du terrain. Cependant, alors que le Pharaon allait bientôt se retrouver seul, sa voix puissante résonna à travers tout le champ de bataille :
« Amon, mon père, laisseras-tu donc ton fils dans la honte de la défaite ? Moi qui t’ai construit des temples immenses à travers toute l’Egypte, ta terre sacrée, je t’ai honoré toute ma vie durant, j’ai augmenté le nombre de prêtres et d’offrandes en ta faveur comme tu le mérites. Moi qui ai sacrifié mes plus belles bêtes en ton nom, montre-moi la puissance des véritables Dieux ! »
      Une voix incomparablement belle et sonore répondit aussitôt :
« Je suis avec toi, je suis ton père et ma main est avec toi. Je vaux mieux que des centaines de milliers d'hommes. Je suis le maître de la victoire ! »
      Alors, chose incroyable, Ramsès se mit à irradier une vive lueur à la teinte surnaturelle. Avec un grand cri, il chargea les troupes Hittites, suivi par les divisions de Seth et de Ptah qui venaient juste d’apparaître derrière lui. Les soldats du Hatti se firent embrocher par les Egyptiens conduisant les chars et piétiner par la puissance divine et effrayante du Pharaon, ivre de fureur. Les chevaux écumaient, les fluides poisseux se mélangeaient, marquant la terre pour toujours. La bataille était plus violente que jamais, car les Hittites, quoiqu’encore bien plus nombreux, étaient horrifiés par les pouvoirs que les Dieux avaient accordés à Ramsès et commençaient à fuir, rendant les Egyptiens auparavant submergés totalement frénétiques.
      Le massacre se prolongea encore plus d’une heure avant que les soldats du Pharaon ne parviennent à contenir leurs pulsions meurtrières et sauvages. Quelques Hittites affolés furent épargnés afin qu’ils retournent à Hattousa prévenir leur roi, Muwattali, de leur défaite face à l’Egypte. Un grand cri de victoire retentit à travers la plaine au milieu des cadavres atrocement mutilés, saluant les Dieux et célébrant le courage du Pharaon.
     

***      
 
      Le lendemain, Muwattali envoya un message dans lequel il reconnaissait sa défaite face au fils d’Amon. Il implorait son pardon et proposait un traité de paix pour unir leurs deux grands royaumes. Ramsès accepta, loué par ses officiers pour sa sagesse, et s’en retourna en Egypte sans prendre Qadesh. Partout en Egypte, il fit ériger des monuments à sa gloire pour célébrer sa victoire, dont le temple d’Abou Simbel. Suite à la bataille de Qadesh, qui se déroula en 1274 avant notre ère, la paix entre l’Egypte et le Hatti fut fermement entérinée…

***      
 
      L’Eploré, qui observait la scène de ses yeux embués, murmura péniblement :                          
      « Tant de morts, tant de souffrance…
      - Pour une paix durable ? Non… poursuivit le Torturé, l’air accablé.
      - Pour de nouvelles guerres ! tonna la Sanguinaire, un sourire avide aux lèvres. »


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Leur joue de nâcre luit encore, chère soeur, Du sillon se figeant dans la bise..."

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exprior
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MessagePosté le: Ven 20 Nov - 17:19 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Mais qui es tu Eindel !....? pour ecrire comme cela

je suis bluffé.... un grand bravo !

etant lecteur assidu (grosse bibliotheque a la maison) mais piétre ecrivain

Milka Waltari : Sinoué l'egyptien
Flaubert : Salammbô (repris par Druillet en BD)


un métier en rapport ? ou bien une passion ?

Grand GG
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Eindel
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MessagePosté le: Sam 21 Nov - 13:07 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Eh bien je suis Larëa, piètre poète à mes heures perdues quand d'aventure l'inspiration vient me rendre visite. X'3
C'est vrai que certains me considèrent comme un prodige de la langue française (tu verrais tout ce qu'on me dit, de vrais fanatiques... ils me font presque peur X_x), mais c'est loin de ce que je pense de moi-même: j'ai encore beaucoup de boulot à fournir pour espérer atteindre un jour un bon niveau, ou à tout le moins convenable.

Merci pour tes compliments en tout cas Exprior, ils me font chaud au coeur!
Concernant les lectures que tu m'as proposées, je connais déjà ces deux ouvrages (et je déteste Flaubert, il est aux antipodes de la littérature que j'affectionne). Etant un grand amateur d'Egypte antique, j'ai surtout lu les sagas de Christan Jacq comme Ramsès en l'occurrence, puisqu'elle relate la bataille de Qadesh, et pas mal d'articles de magazines sur le sujet.

Pour ta dernière question enfin, non je n'exerce pas de profession en rapport, mais l'écriture est une grande passion pour moi. J'ai toujours rêvé de devenir écrivain, ou au moins d'achever le roman que je projette d'écrire depuis si longtemps, et, poussé par tous ces fanatiques dont je te parlais et qui ne cessent de me hurler que je devrais faire éditer mes écrits pour le bien de l'humanité (citation exacte, c'est dire... x'D), peut-être qu'un jour... Sait-on jamais. ^^

Bref, merci encore pour ta réponse Exprior! J'espère te revoir bientôt intra Wow. Cool


PS: Ah et si jamais tu veux lire quelque chose d'autre produit par ma plume que ce que j'ai déjà entreposé ici, je te renvoie au lien suivant http://www.puissance-zelda.com/forums/viewtopic.php?t=3724. A toi de voir, bonne journée! ^^
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Elvarya
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MessagePosté le: Lun 23 Nov - 12:21 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Aaaaaaaaaaaaah je suis dégoutée internet a coupé quand g voulu poster mon commentaire!! je dois tout recommencer!! Sad

   Je m'excuse mais je suis allergique au jargon littéraire, je me suis donc efforcée d'oublier ce que j'avais été obligée de retenir au lycée et à la fac (quoique c moins vrai pour la fac, la littérature anglo-saxonne est moins jargonneuse), donc ce sera juste du ressenti^^

   Pour le récit, j'avais bien aimé La Tempesta di Mare, mais je préfère cette fiction-là, peut-être parce que L'Egypte antique me parle plus....je sais pas pkoi, mais j'aime bien cette période, ainsi que tout ce qui touche à la mythologie; avec quand même une tite préférence pour la mythologie greco-romaine (saint Seiya est passé par-là Mr. Green )...mais bon, revenons à ta production.

   Petit bémol, je trouve que ça finit trop vite, g l'impression que tu arrivais en limite du nombre de pages imposé et que tu as dû écourter, te brider....ou alors c moi qui ne me lasse plus de te lire et qui ne voulais pas que ça finisse ^^

   J'aime bien l'alternance entre pensées et récit que tu as proposé, je trouve ça plutôt équilibré. J'ai essayé de trouver à qui étaient ces pensées: au début je penchais pour les 2 prisonniers et leur bourreau.....mais après réflexion, mtn je dirais un prisonnier, un homme qui part au combat à contrecoeur, et un homme avide de massacre.... Tu me diras quelle supposition s'approche le plus...

   La façon dont sont exprimées les pensées est assez poétique, en tout cas ça me plaît. On ressent vraiment les émotions en lisant (moi en tout cas^^)
   Autant je déteste les descriptions de paysages (pas là, je parle en général), je trouve ça figé et ça m'ennuie; autant j'apprécie la description des différents sentiments et ressentis, la complexité des émotions et images qui traversent l'esprit humain....j'adore analyser les gens et j'aimerai pouvoir m'infiltrer dans leur cerveau pour mieux les comprendre... d'ailleurs fais-moi penser à disséquer le tien pour voir comment tu arrives à sortir tout ça...Je suis sûre que tu ferais un sujet d'étude plutôt intéressant Mr. Green

   Sinon je t'ai trouvé plus digeste que d'habitude, plus accessible: vocabulaire moins grandiloquent (je trouve ce mot un peu pompeux, mais g pas de synonyme en tête là), phrases plus courtes.

   Qu'est-ce qui ne te satisfait pas dans ton oeuvre? je suis curieuse de savoir....

Voili voilou....je sais plus si je l'ai dit et g la flemme de me relire, mais ça m'a plu^^

Gros bisous mon Eindelounette <333 et sûrement à ce soir

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MessagePosté le: Jeu 3 Déc - 01:27 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

*-*

J'ai vraiment beaucoup aimé, moi non plus je suis pas trop poème mais j'adore vraiment le deuxième, sur la reine de glace... Ton histoire est vraiment émouvante, et ta façon d'écrire est géniale... Je n'ai lu qu'encore la première fiction mais mes yeux ont du mal à lire du blanc sur noir x) donc je lirai la suite demain Smile en tout cas j'aime vraiment beaucoup et je suis sure que tout tes autres lecteurs pensant la meme chose !

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Eindel
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MessagePosté le: Jeu 3 Déc - 12:49 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Même si je vous l'ai déjà répété 50000 fois, un grand merci à toutes les deux, vos compliments me vont droit au coeur! Je suis particulièrement heureux d'avoir su véhiculer de l'émotion dans ma Tempesta di Mare, qui est écrit dans un style très romantique comme je les aime. (c'est 100% romantique ce machin en fait. Eh oui, je suis né 200 ans trop tard! xD) Et puis faire aimer un poème à quelqu'un qui n'en est pas un adepte chevronné... C'est l'un des plus beaux cadeaux qu'on puisse me faire!

Bref, je vais pas m'éterniser comme je le fais d'habitude sinon tu vas avoir mal à la tête Nao lol Bisous à toutes les deux. <3
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Misukage
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MessagePosté le: Ven 4 Déc - 09:25 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

lol il va finir par faire laguer le fofo ce post Mort de Rire
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Armagedus
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MessagePosté le: Mer 9 Déc - 12:14 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant


mais lol et le cul ds tt ca Okay Mort de Rire Bannir
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Eindel
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MessagePosté le: Mer 9 Déc - 21:28 (2009)    Sujet du message: Mes Fictions Répondre en citant

Heu... ouais ok c'est cool, mais bon... Je préférerais quand même des commentaires constructifs si ça vous gêne pas. X'3
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:00 (2018)    Sujet du message: Mes Fictions

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